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Intervention malienne : le revirement d’Alger

dimanche 27 janvier 2013, par siawi3

D’abord hostile àune intervention militaire dans le conflit malien, l’Algérie a autorisé le survol de son territoire par l’aviation française.

Source : http://www.lepoint.fr/monde/intervention-malienne-le-revirement-d-alger-14-01-2013-1614535_24.php

Source : AFP
Le Point.fr - Publié le 14/01/2013 à15:05

Alger, initialement réticente àune intervention militaire dans le conflit malien, soutient maintenant l’opération française contre les islamistes au Mali en autorisant le survol de son territoire par l’aviation française. « L’Algérie a sans doute été un peu surprise que l’opération ait été lancée aussi rapidement », ont estimé des diplomates étrangers àAlger. « Elle a fait contre mauvaise fortune bon coeur », a ajouté l’un d’eux, tout en rappelant que l’option militaire pour combattre le terrorisme n’avait jamais été écartée par Alger.

Omar Belhouchet, patron du quotidien francophone algérien El Watan, confirmait àRFI lundi un « incontestable » tournant dans la position d’Alger qui « a tout fait, àjuste titre, pour que les choses se règlent de manière diplomatique ». Les Algériens, selon lui, « se sentent aujourd’hui trahis par les représentants d’un certain nombre de groupes maliens », qui ont profité des négociations pour se réorganiser. « La position d’Alger a évolué », confirme le politologue Rachid Tlemçani, pour lequel l’autorisation de survoler le territoire revient à« une forme de participation indirecte » algérienne àcette entreprise militaire.

« Les Algériens devront fermer leurs frontières » (Laurent Fabius)

Mais pour lui, les Algériens « doivent être vraiment déçus », car « la France jouait le double jeu de la négociation pendant qu’elle se préparait militairement ». Dimanche soir, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a précisé que Paris « travaillait avec les Algériens. Nous continuons de discuter », avait-il dit, après avoir annoncé qu’Alger avait « autorisé sans limites le survol de son territoire » aux Rafale français basés en France. « Ce que nous avons àl’esprit, c’est que si les troupes africaines doivent remonter au nord, il faudra que les Algériens ferment leurs frontières », a précisé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Alger, qui n’avait toujours pas commenté ces déclarations lundi àla mi-journée, réitère depuis des mois qu’elle a intensifié la surveillance de ses frontières en y renforçant sa présence militaire, une tâche bien difficile dans le territoire sahélien désertique et accidenté, scène de toutes sortes de trafics. Samedi, son ministère des Affaires étrangères relevait que Bamako avait demandé l’aide « de puissances amies » pour lutter contre le terrorisme « en toute souveraineté » et exprimé le soutien « sans équivoque » d’Alger.

Mais il n’est pas question officiellement àAlger d’envoyer des troupes au Mali frontalier. Les Algériens ont toujours eu pour principe la non-intervention militaire dans un pays étranger. Pour l’heure, ce sont les Africains de l’Ouest, dans le cadre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui dépêcheront leurs soldats pour réunifier le Mali et en chasser Aqmi ainsi que ses alliés du Mouvement unifié pour le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), dirigés par des islamistes radicaux Algériens et Mauritaniens, et Ansar Dine, qui veulent prendre Bamako.

Déploiement

Le Conseil de Sécurité de l’ONU devait se réunir lundi àla demande de Paris, désireuse qu’on « accélère la mise en oeuvre de la résolution 2085 » qui autorise le déploiement de la Force internationale de soutien au Mali (Misma), approuvée le 20 décembre. Ce déploiement était prévu par étapes. Et les dents grincent en Afrique de l’Ouest, selon le politologue nigérian Jibrin Ibrahim. « L’Algérie et la Mauritanie ont déployé leur vaste pouvoir de lobbying au sein de l’Union africaine et de l’ONU pour faire seulement prévaloir la ligne de négociations » inter-maliennes. Entre-temps, les insurgés ont pu « consolider leurs positions », accuse-t-il.

Ils ont « tout fait pour bloquer le rôle de leadership de la Cédéao. Pour nous, en Afrique de l’Ouest, nous ne pouvons pas permettre àl’Algérie et àla Mauritanie de poursuivre cette politique d’exportation de leurs problèmes dans notre région ». Le Premier ministre malien par intérim Diango Cissoko, accompagné d’une importante délégation, dont le ministre de la Défense Diaran Koné, se trouve àAlger depuis dimanche. Aucune information n’a filtré sur les discussions.