Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Home > fundamentalism / shrinking secular space > Egypte : plaidoyer des Frères contre l’égalité des femmes

Egypte : plaidoyer des Frères contre l’égalité des femmes

Monday 18 March 2013, by siawi3

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2013/03/15/01003-20130315ARTFIG00627-egypte-plaidoyer-des-freres-contre-l-egalite-des-femmes.php

Par Anne-Laure Frémont 15/03/2013

Photo: Manifestation au Caire contre les Frères musulmans le 8 mars dernier, lors de la journée des droits des femmes.

La confrérie dont est issu le président égyptien dresse une liste des droits des femmes auxquels elle est farouchement opposée.
Accorder trop de droits aux femmes et en faire les égales des hommes conduirait à«la destruction totale de la société» égyptienne. C’est ce que déclarent sans équivoque les Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi. Dans un communiqué publié cette semaine sur son site internet officiel, Ikhwanweb, la confrérie s’oppose en effet àun texte devant être adopté ce vendredi àl’ONU àl’issue de deux semaines de discussions «contre la violence faite aux femmes».
Dans leur réponse, les Frères musulmans estiment que le document onusien est «trompeur», qu’il «inclut des articles qui contredisent les principes établis de l’Islam, réduisent ànéant la moralité islamique et détruisent la famille, base de la société». Pour eux, ce texte serait même «la dernière étape de l’invasion intellectuelle et culturelle des pays musulmans».
Nécessité «de demander l’accord du mari pour voyager»
Pour justifier ses propos, la confrérie expose dix arguments. Elle s’oppose par exemple àl’«octroi aux filles d’une liberté sexuelle totale», à«l’égalité totale dans la législation du mariage», à«la fourniture de contraceptifs aux adolescentes», à«l’annulation de la nécessité de demander l’accord du mari pour voyager, travailler ou utiliser des moyens de contraception», à«la protection et au respect aux prostituées» . Les Frères dénoncent également le fait d’«accorder àl’épouse le plein droit de poursuivre en justice son mari pour viol ou harcèlement sexuel» ou encore le fait de «retirer au mari l’autorité du divorce pour la placer dans les mains de juges».

Depuis leur arrivée au pouvoir, après la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011, les Frères musulmans se montraient, sinon rassurant, du moins évasifs sur la question des droits de la femme. Morsi, lui-même, se présente comme un modéré. Mais avec ce communiqué, la confrérie expose pour la première fois de manière explicite ce que doit être, selon elle, la place de l’Egyptienne dans la société.
Le gouvernement prend ses distances
Dans une interview réalisée jeudi et révélée par le quotidien américain The New York Times, Pakinam El-Sharkawy, conseillère politique du président Morsi, prend ses distances vis-à-vis de la déclaration des Frères, qui, selon elle, ne parlent pas au nom du président.«Ce n’est pas l’institution de la présidence, et ce n’est pas une entité officielle», assure-t-elle. Les Frères musulmans ont en effet une vitrine politique, le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, au pouvoir), que dirige Morsi. Le régime fait tout pour «mettre fin àtoute forme de violence àl’égard des femmes», ajoute Pakinam El-Sharkawy.

Pourtant, depuis l’arrivée àla tête de l’Etat de ces derniers, mais aussi de groupes fondamentalistes (les salafistes d’Al-Nour sont désormais la deuxième force politique du pays), nombreux sont ceux qui s’inquiètent de voir le pays devenir plus conservateur et patriarcal. Pour Ghada Shahbandar, de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme - citée par le quotidien américain, «c’est la première fois que nous les entendons tenir ce genre de propos sur la scène mondiale, mais cela fait partie de leur rhétorique depuis des lustres».