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France : Crèche de Baby-Loup : Une double injustice

mercredi 20 mars 2013, par siawi3

LIGUE DU DROIT INTERNATIONAL DES FEMMES
Association créée par Simone de Beauvoir
6 Place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris

COMMUNIQUE Le 20 mars 2012

Crèche de Baby-Loup : Une double injustice

En annulant hier le licenciement d’une salariée voilée de la crèche associative de Baby Loup, la Cour de Cassation a commis une double injustice :

Injustice contre un projet exemplaire dans un de ces territoires perdus de la République où les ethnies, les religions, les langues, sont facteurs de division et d’enfermement tout autant que la grande pauvreté et le manque de formation.

Au service de tous et de toutes, sans distinction d’origine ou de religion, la crèche se voit contester la légitimité d’avoir voulu faire respecter son règlement intérieur revendiquant un principe inscrit àl’article 1 de la Constitution : la laïcité.

Il faut avoir lu le livre consacré àcette expérience unique France(*) pour comprendre àquel point la crèche Baby Loup imaginée, voulue et portée par une réfugiée politique venue du Chili, Natalia Baleato, répondait àune vision profondément généreuse et concrète de l’émancipation des femmes. Éducation, formation, indépendance économique, tels étaient les mots clés de cet ambitieux projet. Ouverte 24h sur 24, la crèche permettait àdes mères de familles parmi les plus défavorisées et aux horaires décalés de trouver un lieu chaleureux pour prendre en charge leurs enfants. Cette politique progressiste s’appliquait tout autant son personnel bénéficiant de formations complètes et de longue durée.

Injustice enfin vis-à-vis de la réalité des conditions de travail de la salariée licenciée : éducatrice de jeunes enfants, directrice adjointe de la crèche associative, elle était parmi les employées l’une de celles qui avait le plus largement bénéficie de la politique de formation de la crèche. En même temps, elle était l’une des salariées qui avait cumulé le plus de congés de tous ordres. Pire, par sa virulence, ses menaces, elle avait démontré sa volonté de déstabiliser une structure àlaquelle elle devait tant.

De cette décision il faudra prendre le temps de tirer les conclusions. Il n’est pas question d’abandonner la petite enfance, pas plus que la jeunesse, aux pires ennemis(e)s des valeurs de la République.

Contact : Annie Sugier 06 38 39 42 92

(*) Baby-Loup, l’histoire d’un combat, Luce Dupraz, édition ERES