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Creche Babyloup. Liberté religieuse ou liberté de l’asservissement religieux ?

samedi 23 mars 2013, par siawi3

Source : http://www.marianne.net/martinegozlan/

Martine GOZLAN

le Mercredi 20 Mars 2013 à10:47

La cour de Cassation s’est prononcée en faveur du droit d’une salariée de la crèche Babyloup àporter le voile. Au nom de la « liberté religieuse ». Comment la liberté peut-elle être compatible avec un symbole de l’asservissement ?

Creche Babyloup. Liberté religieuse ou liberté de l’asservissement religieux ?
Cette histoire de voile islamique. Cet incroyable enfumage né du désert saoudien et des fausses adorations wahhabites, fortifié côté chiite - pas de jaloux !- par l’édiction du linceul obligatoire par Khomeiny en Iran en 1980.

Il vient de faire de nouveaux adeptes- on se pince- àla Cour de Cassation de notre République ! République qui « est morte hier » selon Jeannette Bougrab, l’une de ses enfants, vaillante et intrépide. Elle sait ce que voiler veut dire. On le sait toutes et tous d’ailleurs. Le spectacle de celles qui, hors de France, honnissent ce voile voleur de destin est assez édifiant. Visions de l’Afghanistan où des fillettes et des ados se déguisent en garçons pour échapper au cercueil de tissu...Eclats de révolte des Iraniennes, la mèche jaillie du foulard narguant les milices armées de leur fouet. Ce voile, introduit en France par les propagandes les plus habiles, les plus fortunées- fric du Golfe bâtissant les mosquées- et les plus imperméables ànotre histoire française du combat pour les libertés ! Ce voile dont les mères des jeunes voilées n’avaient jamais entendu parler, bien qu’elles n’aient jamais renié l’Islam, au contraire. Ce voile qui dit clairement : je me cache àvous car un seul homme, un seul être est mon maitre. Ce voile qui ressasse l’obsession sexuelle des prédicateurs d’Egypte et du Qatar ayant martelé, depuis des décennies, que la femme était un organe génital, et cela seul, de la racine des cheveux àla pointe des pieds.

En ma qualité d’amoureuse fervente de la civilisation arabo-islamique, j’avais commis naguère un ouvrage où je dévoilais le passage tragique du monde chatoyant des mille et une nuits àcelui des mille et une morts( « Le sexe d’Allah », en livre de poche) Je m’étais donc immergée autant dans le Coran que dans les textes philosophiques et les poèmes de l’admirable héritage culturel arabo-persan. J’avais traqué le « hadith »- la tradition attribuée de façon fantaisiste àMahomet et découvert l’entassement des trahisons de l’Islam par l’Islam. Trahisons dénoncées par des penseurs musulmans sous tous les cieux, en tous siècles, et qui leur valurent souvent la mort ou l’exil. La sexualisation de la femme - et non pas son érotisation- et sa réduction àl’assouvissement de la pulsion mâle ( donc la cacher pour ne pas le« provoquer ») est une obsession qui resurgit avec violence lorsque se constitue le discours des Frères musulmans dans le premier quart du vingtième siècle. Son soubassement est politique : il faut s’opposer àl’occidentalisation des moeurs et au féminisme égyptien qui conduit les militantes les plus audacieuses àse dévoiler dans des manifestations menées au nom de leurs droits. Dans l’ensemble du monde islamique, de l’Iran au Maghreb en passant par la Turquie, mais pas en Asie ni en Afrique noire où le syncrétisme marchait bien autrefois, cacher les femmes, cacher leur chevelure et leur corps était l’alibi religieux de l’archaïsme social qui, précisément, détruisait la civilisation islamique. Avant l’émancipation, le monde juif n’était pas en reste et la femme mariée devait raser sa chevelure ou la cacher sous une perruque.Aujourd’hui, en Israë l, la condition de la femme chez les ultra-orthodoxes a scindé le pays. C’est notamment ce phénomène de rejet qui a conduit la dernière coalition gouvernementale àexclure les obscurantistes du pouvoir.

Ce voile, il est mental, obscurantiste, politique. Il dit : il n’y a de loi que mon bon plaisir que j’attribue àmes maitres qui lisent Dieu dans le texte. Il dit : votre loi n’est pas la mienne, je ferai en sorte que votre loi républicaine s’incline devant mon plaisir divin. Il dit : je suis soumise, je suis soumission, mon voile proclame mon asservissement.
Telle est la liberté dans l’esclavage que vient de proclamer la Cour de cassation.
Pensées àtoutes celles qui se battent, Jeannette Bougrab, Sihem Habchi (elle vient d’écrire « Toutes libres » et elle a tant raison, on y reviendra dans ce blog), Elizabeth Badinter, Natalia Baleato, la directrice de Babyloup confrontée àl’arrêt qui casse la raison.