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Vatican : Fumée blanche et noirs présages

dimanche 24 mars 2013, par siawi3

dimanche 17 mars 2013
par Jean Ortiz

Source : http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=1694

L’élection d’un pape est toujours politique. Le Vatican et la hiérarchie de l’Eglise, mis àpart quelques périodes comme celle du « Concile Vatican II » et du « bon pape » Jean 23, ont rarement penché du côté des peuples.

L’élection de « François Premier » l’Argentin, n’est donc ni « un tournant », ni une révolution« , ni »un aggiornamiento« , ni »un virage vers la modernité"... comme s’esbaudissent et ânonnent la quasi totalité des commentateurs, des politiques, et des médias.

Cette élection me rappelle la terrible humiliation dont fut victime en 1983 le père Ernesto Cardenal, prêtre et ministre de la culture du gouvernement sandiniste. Jean Paul II avait exigé que les quatre prêtres qui participaient au gouvernement de libération, après le renversement de la dictature de Somoza, démissionnent. De passage àManagua, il avait refusé de serrer la main d’Ernesto et l’avait menacé du doigt sur le tarmac, l’obligeant às’agenouiller. Le père Cardenal fut suspendu, et interdit de ministère, coupable d’engagement aux côtés des humbles et de leur lutte.

Dans ces années 1980, au même moment où au Salvador, au Guatemala ..., des prêtres et des religieuses inspirés par la théologie de la libération étaient assassinés (dont 7 Jésuites de l’université centraméricaine de San Salvador), de même que l’archevêque Monseigneur Romero, le Vatican mena une offensive impitoyable contre les tenants de la « théologie de la libération », n’hésitant pas àutiliser y compris la répression contre les partisans de cette « Eglise du peuple ». On connaît le résultat.

L’Eglise officielle s’éloigna des pauvres, perdit du terrain en Amérique latine (le continent le plus catholique), ouvrant la porte àtoute sorte de sectes aliénant les individus, et servant les intérêts des classes dominantes et des partis les plus conservateurs.

Aujourd’hui, l’Amérique latine vit une véritable émancipation, des mouvements de souveraineté et d’indépendance sans précédents, des « révolutions » qui engagent la construction de sociétés nouvelles. Voilàce qui préoccupe réellement le Vatican. L’élection du jésuite argentin, Jorge Mario Bergoglio, s’inscrit dans la continuité des options conservatrices du Vatican, même si l’homme est présenté comme « Monsieur Toutlemonde ».

Plus grave encore, le nouveau pape, censeur implacable de l’avortement et du mariage homosexuel, a collaboré avec la dictature militaire argentine (1976-1983). Il était alors « Supérieur provincial de l’ordre des Jésuites ». On lui reproche d’avoir « lâché » deux prêtres jésuites qui furent par la suite séquestrés et torturés. Ses relations avec le pouvoir étaient si étroites qu’en 2010, on l’obligea àtémoigner dans les procès pour crimes contre l’humanité commis àl’Ecole Supérieure de la Marine (ESMA), centre de l’horreur. Pendant cinq heures, il fut interrogé sur l’affaire de ces deux prêtres jésuites qui travaillaient dans un bidonville (« villa miseria ») malgré son opposition. Selon l’accusation, le nouveau pape « mentit ». Monseigneur Bergoglio fut également appelé comme témoin dans une affaire d’enfant volé (Ana de la Cuadra) par les militaires et accusé de complicité par les « Grands-mères de la Place de Mai ».

Pas un mot non plus de celui qui depuis 1998 était archevêque de Buenos Aires sur les 30 000 disparus, pas une autocritique sur le silence de l’Eglise durant toutes ces années noires. Le nouveau pape, était, et demeure, un adversaire résolu des époux Kirchner, ceux-làmêmes qui ont annulé les lois d’impunité (« loi de point final »...), transformé l’ESMA en musée de la mémoire, et traduit devant les tribunaux nombre de tortionnaires, de chefs militaires, aujourd’hui emprisonnés.

L’élection de ce pape, François Ier, me paraît un mauvais signe. Elle s’inscrit àcontre-courant des nouvelles réalités latino-américaines et est destinée àles contrecarrer, sous couvert de proximité avec les pauvres, de simplicité. La tâche lui sera plus difficile qu’àJean Paul II.

Jean Ortiz, universitaire (PAU)

Commentaires
Logo de Gérard Calvi
lundi 18 mars 2013 à09h30, par Gérard Calvi

Il en est des Papes comme des Présidents de la république, ceux qui sont élus sont ceux que nous méritons.... pour nous punir de nos rêves de justice et de démocratie.

Alors pourquoi François :Les raisons cachées de son élection.

Le lendemain de la désignation du dernier chef de l’église catholique, le grand quotidien Argentin Página 12, plus gros tirage du pays titrait sur 5 colonnes : Dios Mío ! (Mon Dieu !).

Titre que permet une connaissance certaine de Jorge Mario Bergoglio, déjàconverti en Pape François.

Selon ce journal, il est plus que probable qu’avant même que l’identité du nouveau chef du Vatican ne soit connue, la machine « ravaler la façade  » de Bergoglio se soit mise en route.

Sont concernés par cette opération non seulement les spécialistes qui travaillent au Vatican mais aussi une multitude d’aspirants désireux de recevoir des miettes de ce pouvoir impérial. On y trouve aussi des chroniqueurs qui non seulement vendent l’opinion du Vatican mais s’offrent un exercice de soumission intellectuelle qui les éloigne de la dignité professionnelle.

C’est une des façons de comprendre la rapidité avec laquelle on a commencé àretisser un passé conforme et présentable au nouveau Pape.

Revenons àJorge Mario Bergoglio, et a ses agissements durant la dictature militaire. Impliqué dans la disparition de jeunes séminaristes, son rôle concret n’a pas été déterminé, cependant ce qui se sait, c’est que Bergoglio leur retira le soutien de l’Ordre religieux auquel il appartient et qu’ainsi sans protection de l’Eglise, ils passèrent des mois soumis àla torture pour avoir été proches de la « Théorie de la libération  »

Les dirigeants ecclésiastiques argentins dont Bergoglio n’en faisait pas encore partie àcette époque, ont adhéré expressément aux objectifs de la dictature militaire. Le futur pape se soumettait simplement au slogan impulsé par les génocidaires : « le silence est la vie  » qui s’enchaîne avec cet autre qui dit que « les argentins, nous sommes droits et humains  » quand il leur était reproché leurs atteintes àla dignité humaine lors de la visite de la Commission interaméricaine des droits humains en 1979. Mais il y a des moments ou se taire c’est permettre...

Faute de mieux plusieurs chroniqueurs disent que cette élection est positive car ils ont un Pape qui pense, parle, prie, en espagnol, ils oublient que Pinochet, Videla, Somoza, Stroessner, Franco et tant d’autres pensaient, parlaient et priaient en espagnol !

Adolfo Pérez Esquivel, torturé et emprisonné 14 mois, ne se tut jamais, mais au contraire haussa la voix avec le Prix Nobel reçu en 1980, il a souligné la relation de Bergoglio avec la dictature, mais ne croit pas qu’il en ait été complice, « il lui a manqué le courage pour accompagner la lutte pour les droits humains  ».

Hélas les zones grises du Pape François ne se limitent pas àces ténébreuses années de l’Argentine entre 1976 et 1983.

Celui que l’on nous dit, bon, simple, progressiste, généreux, pauvre, aux côtés des gens modestes... est une fable, il est signalé par l’historien Fernando Rossi pour avoir participé àla présentation d’un document de caractère totalement néolibéral « Consensus pour le développement  » produit par l’Université de Salvador sous la direction de l’ex-ministre de Ménem, Roberto Dromi, document dans lequel il réclame l’autonomie de la Banque Centrale, afin de minimiser les politiques sociales, fusionner sécurité et défense et réprimer les conflits sociaux. Il s’est aussi déclaré hostile àl’avortement et àla contraception et bien évidemment au mariage homosexuel.

Ceci fait trop de zones grises pour se réjouir et qualifier de progressiste Jorge Mario Bergoglio, le pape.

De plus s’il avait été du côté des pauvres comme Monseigneur Arnulfo Romero du Salvador il aurait probablement été assassiné lui aussi.

Alors pourquoi et pour qui son élection ?

L’Amérique centrale et du Sud a beaucoup changé ces dernières années et ceci dans le sens de la liberté, du progrès social et de la démocratie. Choses intolérables pour le patronat, la finance. Pire même, elle s’émancipe de la tutelle des USA, ce qui semble inacceptable et dans de nombreux pays de cette région ce n’est plus l’ambassade des USA qui est le vrai siège du gouvernement.

Sous ce prisme s’analyse alors bien plus simplement l’élection du Pape.

Comme ce fut le cas en Europe avec le combat anti Communiste des derniers Papes, le capital a choisi son homme pour faire la même chose en Amérique, dominer les peuples et les soumettre àses intérêts financiers.

Pour cette tâche peu importe que « l’Élu  » ait été membre des jeunesses Hitlériennes ou proche de la dictature Argentine. La fin justifie les moyens !

Pour mémoire, les responsables de la répression Argentine se sont présentés devant la justice avec des bannières aux couleurs du Vatican, ce qui est tout un symbole, et si le Vatican ne soutient pas ces actes, le Pape François n’a qu’àparler pour interdire l’usage des couleurs de l’église àceux qui ont commis les pires perversions que l’esprit humain puisse imaginer.

Oui, il doit perler sauf… si le pape considère que les tortures, les enlèvements, les vols d’enfants, les viols, les disparitions, le terrorisme d’État ne sont pas des aberrations et que les génocidaires sont des soldats qui sauvent la patrie du « marxisme maçonnique  » pour reprendre les mots de la dictature.

Nous voici donc affublés d’un autre Pape politique, si terre àterre que l’on va vérifier rapidement qu’il prend ses ordres davantage auprès du FMI et du gouvernement américain que de son dieu supposé !

http://www.pagina12.com.ar/diario/p...

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