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Montée des guerrières nues

mardi 26 mars 2013, par siawi3

Rise of the naked female warriors (Guardian)
Montée des guerrières nues

Connues pour leurs manifestations aux seins nus, le Femen est un mouvement mondial contre le patriarcat. Mais les seins de militantes obscurcissent-ils le message ?

Source : http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/20/naked-female-warrior-femen-topless-protesters

Kira Cochrane

The Guardian, Mercredi 20 Mars 2013 19.33 GMT

Photo http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/audio/video/2012/10/3/1349288275263/Femen-demonstrate-in-Louv-001.jpg

Link to video : Femen topless protest in Paris over Tunisian woman allegedly raped by police

(Lien àla vidéo : des femens aux seins nus manifestent àParis au sujet de femmes tunisiennes qui auraient été violées par la police)

Un jour, l’été dernier, Inna Shevchenko est allée dans une forêt en dehors de Kiev pour apprendre àutiliser une tronçonneuse. Les bà»cherons qui l’ont instruite n’ont pas pu découvrir pourquoi elle était aussi zélée. « Ils ont pensé que j’étais simplement une blonde un peu folle,  » dit-elle, agitant ses boucles blanches. « J’agissais ainsi : « Oh vraiment ?  » Elle fait semblant d’avoir un comportement faussement timide, qui ne sait rien. « C’est ainsi que vous faites cela ? Formidable !  »

Le jour suivant elle s’est rendue au sommet d’une colline qui surmonte Kiev, et nue jusqu’àdes shorts rouges, avec de lourdes bottes, des gants en cuir et un masque pour se protéger les yeux. Le verdict des Pussy Riot était prévu pour ce jour làet en hommage aux militantes russes punks – et pour marquer son opposition àtoute religion – Inna a entrepris d’abattre une croix en bois de treize pieds qui était làdepuis 2005. Malgré ses préparations, cela n’a pas été facile. Quand j’ai commencé àla couper, j’ai pensé, ce n’est pas possible de détruire ceci,  » dit-elle. Mais après sept minutes, elle est tombée et elle a posé devant la souche pour des journalistes invités. Avec « Libérez Riot  » griffonné sur ses seins nus, elle a étendu les bras pour imiter la figure du Christ couché maintenant sur le sol.

Photo : Femen activist Inna Shevchenko La militante Femen coupe une croix en bois de 13 pieds dominant Kiev, en hommage aux militantes russes Pussy Riot. Photographe : Sergey Dolzhenko/EPA

Les menaces de mort arrivèrent instantanément. Elle dit qu’il y a eu des appels officiels pour son arrestation, et la TV russe a rapporté que la croix était un monument commémoratif aux victimes du stalinisme. Inna le nie, mais des journalistes ukrainiens ont répété l’affirmation, et la colère contre elle s’est amplifiée. Des hommes qu’elle soupçonnait être des agents des services secrets se mirent immédiatement àgrouiller devant son appartement, et quelques jours plus tard, elle a été éveillée à6 heure du matin par le son de sa porte d’entrée qu’on brisait. Elle s’est enfuie en sautant d’une fenêtre arrière, ensuite d’un balcon du premier étage, et est partie vers Varsovie avec 50 euros, son téléphone portable et son passeport. Elle craignait la prison si elle revenait àKiev, ainsi, quelques jours plus tard, elle a rejoint la France où des femmes avaient exprimé un intérêt às’affilier au groupe féministe Femen qu’elle animait avec trois amies ukrainiennes.

Les objectifs de Femen sont clairs, larges et radicaux. Une guerre contre le patriarcat sur trois fronts, appelant àla fin de toutes les religions, des dictatures et de l’industrie du sexe. On a offert au groupe un espace dans un théâtre en déclin àParis comme quartier général, et c’est ici que je rencontre Inna, 24 ans, au début d’une session d’entraînement avec 20 jeunes mi !itantes Femen. Elle donne des instructions pour une posture correcte – les pieds écartés, bien enracinés, agressifs. Les guerrières Femen ne sourient jamais, dit-elle, elles ne sont pas làpour plaire àquiconque. Le groupe a manifesté les seins nus depuis 2010, utilisant leur corps pour attirer l’attention, pour attirer des journalistes et elles ont été critiquées carrément par certaines personnes qui les accusent de jouer sur les stéréotypes sexistes.

Dans une chambre couverte d’affiches et de peintures murales – Baise la religion, dit l’une, Sort ! Déshabille-toi ! Gagne !, dit une autre – les militantes sont en rang, se lançant des slogans l’une, l’autre. Elles portent un T-shirt et un survêtement, s’arrêtant occasionnellement pour boire un coup d’eau en bouteille. C’est la classe de gymnastique pour la révolution.

" Pas un jouet sexiste,  » crient-elles. Puis « Pauvres àcause de vous  » et « Nous avons confiance en les gays  ». Une àune, elle se place au milieu de la chambre pour montrer comment elles se comporteraient àune manifestation. Une autre membre crie « Plus de pape  » avant que deux autres militantes ne se lancent sur elle. Pour un moment elles sont toutes les trois en l’air, ensuite, elles touchent le sol et se mettent àse démener en masse. Inna leur a dit qu’elles doivent constamment bouger, pour éviter d’être recouvertes ; leur slogan sera écrit en travers de leur poitrine et de leur dos et il faut qu’on puisse le voir. Une femme lutte fort, criant encore toujours, se libérant de temps en temps, courant quelques pas, uniquement pour être abattue de nouveau par un grand coup. Finalement Inna propose une halte, et la femme se lève avec du sang coulant de son bras. Inna sourit, lui prend la main, et tient le membre blessé en l’air. Il y a des applaudissements, des bravos et des félicitations.

Quand les militantes entame la 2e phase de l’entraînement – se tenir droite, faire des pompes, courir tout en criant –des journalistes et des caméramans tournent autour. Il n’y a aucune tentative pour cacher le fait que cette phase est représentée pour la presse. Pendant que les femmes se battent, Inna se rapproche d’elles, dans son pantalon en jeans, encapuchonnée et des bottes Converse ( ???), en leur disant de regarder la caméra. Cela n’a pas d’importance combien de femmes viennent àune manifestation, dit-elle – s’il y a une caméra, c’est cela qu’elles doivent viser, pour que le message touche des millions.

A un certain niveau cela marche. Chaque fois que Femen monte une action, des vidéos surgissent sur les sites Internet du monde entier. Mais leurs poitrines obscurcissent-elles leur message ? Quand je raconte àun ami que je vais les interviewer, il est fasciné par l’idée de guerrières féministes aux seins nus – mais s’arrête dès que je mentionne leurs arguments. Je suspecte qu’il y a des militantes féministes de longue date jettent un Å“il sur leurs tactiques et, écoeurées par l’usage du corps des femmes en art, en publicité, dans le commerce, n’attendent pas pour entendre ce qu’elles ont àdire.

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Link to video : Euro 2012 : Topless Femen activists in Ukraine plan football championship protests (Lien àla vidéo : EURO 2012 : des militants Femen en Ukraine planifient des manifestations au championnat de football)

Leur message peut aussi être perdu dans l’ampleur et la position affalée de leurs manifestations. Alors que d’autres groupes se concentrent sur une ou deux questions, les Femens sont partout. Au cours des quelques années passées, elles ont manifesté pour les droits des gays àla Place St Pierre pendant les prières hebdomadaires du pape ; contre l’usage de modèles extra-étroits lors de la semaine de la mode àMilan, et pendant l’EURO 2012 en Ukraine, elles ont saisi le trophée du championnat pour protester contre l’industrie du sexe.

A Londres, àl’été dernier, elles se sont enduites de faux sang et ont accusé les Comités olympiques internationaux de soutenir « les régimes sanglants islamistes,  » ; àDavos en janvier, elles ont manifesté contre la domination masculine dans l’économie mondiale. Et en février, elles ont provoqué des froncements de sourcils et quelques ricanements en se lançant les seins nus vers Berlusconi. launching themselves topless at Silvio Berlusconi.

Leur manière de faire campagne est unifiée par un objectif central : utiliser leurs seins pour dénoncer la corruption et l’inégalité partout où elles les voient. « Un des objectifs principaux,  » dit Inna, est d’ôter le masque de gens qui les portent, de montrer qui ils sont, et le niveau du foutu patriarcat dans ce monde, savez-vous ?  » Elle dit qu’elles veulent aussi récupérer le corps des femmes pour les femmes.

« Le corps nu d’une femme a toujours été l’instrument du patriarcat,  » dit-elle, « il l’utilise dans l’industrie du sexe, l’industrie de la mode, la publicité, toujours dans les mains des hommes. Nous avons réalisé que la clé était de rendre le corps nu àson propriétaire légitime, aux femmes, et donner une nouvelle interprétation de la nudité…Je suis fière du fait qu’aujourd’hui des femmes nues ne sont pas simplement en train de poser pour la couverture de Playboy, mais peut se trouver dans une action, en colère, et peuvent irriter des gens.  »

Le groupe a commencé en 2006, quand les fondatrices Anna Hutsol, Oksana Shachko and Alexandra Shevchenko (pas parente d’Inna), ont lié amitié dans leur ville d’origine, Kiev. Ce n’était pas longtemps après la révolution orange, dans laquelle les Ukrainiens avaient manifesté en faveur de la démocratie, et Alexandra, 24 ans, dit qu’elles voulaient que le sentiment révolutionnaire se poursuive. Elles ont monté un groupe de femmes, et commencèrent às’organiser contre l’industrie du sexe. Le tourisme sexuel est un problème majeur en Ukraine, et chaque femme en devient victime, comme conséquence, dit Alexandra. « On se promène en rue, et des hommes étrangers viennent vers vous, demandent « combien  », vous touchent.  »

Inna a rejoint le groupe en 2009, après avoir rencontré les autres femmes sur les médias sociaux. Dans ces premiers temps, elles ont simplement développé leurs visions. Le féminisme était impopulaire en Ukraine ; dire qu’on était féministe revenait à« quelque chose de similaire de dire qu’on était une idiote, qu’on était folle,  » dit Inna. Alexandra dit qu’autrefois elle croyait à« l’image créé par le patriarcat, où les féministes étaient des femmes affreuses àmoustaches qui voulaient couper les pénis des hommes  ». (Elles ont joué avec cette image elles-mêmes. Jusqu’àrécemment, leur site Internet représentait une femme tenant une énorme faux dans une main, un scrotum sanglant dans l’autre.)

Elles se sont embarquées dans de longues discussions vivantes sur les droits des femmes. « Nous ne nous basons pas sur 700 pages de doctrine,  » dit Inna, « au lieu de cela, on entrait et on disait, pouvez-vous croire cet imbécile. Il vient de toucher mon cul et il a dit qu’il voulait me baiser et qu’il me paierait d’un cocktail.  » La discussion était très primitive, et on est devenues furieuses, et nous avons voulu l’exprimer, et ainsi nous avons commencé des démonstrations de rue.  »

Celles-ci ont d’abord été habillées. Elles sortaient portant sur elle un panneau avec un prix pour manifester contre l’industrie du sexe, par exemple ; le groupe a longtemps réclamé l’approche suédoise de la prostitution, dans laquelle les clients étaient criminalisés plutôt que les travailleurs du sexe. Elles ont toujours été intéressées àfaire impression et au début portaient des vêtements entièrement rose – certains journalistes les appelaient la révolution rose. En 2010, pour protester contre la désignation d’un cabinet entièrement masculin, elles se sont habillées en homme, ensuite elles ont retiré leur costume pour révéler les vêtements féminins. Inna travaillait dans le bureau de presse du maire de Kiev àce moment. Résultat de la protestation : elle a été licenciée.

Femen protesters : Des militantes Femen manifestent en dehors de Notre Dame pour célébrer la démission du pape Benoît et la décision du parlement français d’approuver un projet de loi permettant le mariage du même sexe. Photographie : Joel Saget/AFP

Cette même année, elles ont organisé leur première manifestation aux seins nus. Cinq militantes au bureau de vote où le candidat présidentiel Viktor Yanukovych devait voter se dévêtirent devant les médias. Le jour suivant, l’image devenait mondiale. Elles n’ont pas été convaincues directement qu’elles devraient manifester les seins nus tout le temps, mais la réponse initia « une grande discussion agressivement chaude,  » dit Inna. Elle était initialement contre l’idée. Elle se sentait timide, peu confortable dans son corps, et frustrée que comme « femme on doit ôter sa blouse pour dire quelque chose  ». Mais elles ont continué àmanifester – parfois les seins nus, parfois habillées – pendant six mois, et elle « a réalisé que parfois quand nous n’avions pas les seins nus, nous parlions de sujets beaucoup plus importants, mais on les ignorait simplement  ». Elles ont décidé de l’adopter, et jugèrent astucieux la tactique des tabloïdes d’étaler leurs calicots ( ??? grew wise to the tabloid tactic of cropping out their banners) – elles se mirent àgriffonner directement des slogans sur leur poitrine. Inna dit qu’elle a l’impression maintenant que son corps est un uniforme, tandis qu’Alexandra le décrit comme « mon arme, mon fusil  ».

Le groupe a été accusé d’exposer uniquement des femmes jeunes, minces, et belles. Mais un nouveau livre qui vient d’être publié en France, montre des photos de femmes de formes et de tailles différentes dans les manifestations, que je n’ai jamais vu ailleurs. Les médias, sans surprise, choisissent les photos les plus attrayantes de manière évidente. Inna dit qu’elles n’ont jamais choisi des femmes en fonction de leur aspect, ou leur poids ; la seule condition est d’avoir été bien préparée. « Il y a un tas de filles qui sont très fortes physiquement, mais elles ne savent pas montrer de l’agression, elles n’arrivent pas àimaginer comment elles réagiraient si quelqu’un essayait de s’emparer d’elle.  » Le mouvement est non violent – Inna l’appelle « un terrorisme pacifique  » - mais elle a été blessée plus d’une fois, et a été méchamment battue pendant une action récente.

Elles ont parfois écarté leurs actions mais il n’est pas douteux que les femmes de Femen prennent des risques sérieux. A la fin de 2011, par exemple, Inna et deux autres militantes ont voyagé àMinsk, en Belarus pour manifester devant les bureaux du KGB contre Alexander Lukashenko, l’homme qui est souvent appelé le dernier dictateur d’Europe. Alors qu’elles s’attendaient àpasser le Nouvel An dans une prison du Belarus, elles prétendent qu’elles avaient, au lieu de cela, été enlevées par des agents des services secrets – une affirmation que nie le KGB bélarussien.

Inna dit qu’un groupe d’hommes les avait rattrapées àla station de bus, et conduites pendant cinq heures dans la forêt. Là, prétend-elle, elles ont été couvertes de pétrole, menacées avec des briquets et des couteaux et on leur a ordonné de se déshabiller complètement. Elle avait supposé qu’elles seraient violées. On nous a mis des menottes et nous étions assises comme ceci,  » elle se penche en avant avec les mains derrière le dos, « pendant six ou sept heures, sans être autorisées àbouger ou parler. Un type n’arrêtait pas de répéter qu’on allait être tuées, mais avant cela,qu’ils allaient s’amuser.

« Ils disaient, respirez, profitez de l’air, parce qu’il ne vous reste qu’une heure àvivre. Imaginez le sourire de votre mère et maintenant imaginez son visage quand elle reçoit votre cadavre.  » Inna était sà»re qu’ils allaient les tuer, et s’est mise àanalyser ses années avec Femen. « Je savais que ceci était la meilleure partie de ma vie, et quelque chose que je ne regretterais jamais, même dans une situation où je pouvais être tuée, et cela a été la plus grande réponse pour moi. C’était une des pires journées de ma vie, mais aussi la meilleure, parce que je me comprenais.  » Les trois femmes ont finalement été jetées dans la neige, et elle dit que l’incident l’a rendue plus déterminée que jamais. « J’ai soudain vu l’énorme potentiel de ceci. C’est peut-être étrange àdire – je sais que certaines personnes pensent déjàque nous sommes des kamikazes – mais c’est pourquoi je dis maintenant que je suis plus une militante qu’une personne, parce que je sais que je pourrais être tuée demain  ».

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Link to video : Topless Femen activists attempt to confront Silvio Berlusconi as he votes in Italian elections (Lien àla vidéo : Des militantes Femen aux seins nus tentent de confronter Silvio Berlusconi pendant qu’il vote aux élections italiennes)

Alexandra dit qu’il y a un procès pénal contre elle en ce moment en Ukraine, où elle a été emprisonnée plusieurs fois àcause de ses manifestations, mais elle vit àBerlin, organisant des militantes pour Femen Allemagne. Le groupe veut que le mouvement se répande mondialement, et elles essaient de soutenir des femmes qui commencent des ramifications dans leur propre pays. Elles ont maintenant +/- 200 militantes dans le monde – un petit nombre, mais capable d’avoir un impact majeur – avec des branches en Suisse, Pologne, Hollande, Suède, Brésil, USA, Canada et Italie. Une militante en Tunisie a récemment posté en ligne une image d’elle, les seins nus, et on a rapporté, il y a deux jours, qu’une fatwa avait été lancée, appelant àla lapider àmort.

Il y a apparemment quelques militantes au RU et une femme britannique, Pippa, 25 ans, qui habite àBerlin et qui a manifesté avec le groupe allemand. Elle dit qu’elle apprécie combien elles sont actives. Elle a été impliquée dans le féminisme étudiant au RU, mais trouvait qu’il était fort difficile de trouver des gens intéressés àmanifester. Quand elles ont commencé Femen, dit Alexandra, elles sentaient qu’il fallait changer la manière dont le féminisme était communiqué aux jeunes femmes. « Elles n’ont pas envie de lire de grands textes,  » dit-elle, donc la solution était de créer quelque chose de visuel. « Nous avons compris que les gens avaient pleins d’informations venant vers eux par les masses média, et nous avions besoin de quelque chose qui choque les gens, les secoue, retienne leur attention.  »

Pipa aime le fait qu’elles ne passent pas des heures àdébattre les actions ; elles sortent simplement et la font. Mais cette approche pourrait leur attirer des ennuis dans le futur. En Allemagne, par exemple, elles ont été critiquées pour comparer l’industrie du sexe au fascisme, utilisant l’imagerie nazie pour souligner leur comparaison. Il y a peu de doute qu’elles haïssent le fascisme – elles manifestent régulièrement contre des groupes d’extrême-droite, qui, àune occasion, ont fait perdre une dent àInna – mais Alexandra est déterminée qu’elles devraient continuer àutiliser cette métaphore chargée, malgré les protestations des militantes Femen allemandes. « Je comprends que cela leur fasse mal,  » dit-elle, « mais nous voulons faire cette connexion entre la prostitution et le fascisme, parce que les gens savent que le fascisme est une foutue mauvaise chose.  » Inna utilise la comparaison dans le contexte de la religion aussi. « Je suis très profondément convaincue qu’un jour la religion doit être interdite,  » dit-elle, « de la même manière que le fascisme a été interdit.  »

Les Femens ne sont pas subtiles, elles ne sont pas inoffensives, et elles ne sont sà»rement pas désolées. « Nous sommes des provocatrices,  » dit Inna, « et la réaction dépend de ceux qui sont provoqués.  » Avec des membres qui ont connu des pertes de revenus, un triste enlèvement, des arrestations, la prison, des menaces de mort et le ridicule, il semble qu’elles y sont pour de bon. « Un de nos slogans est : « Combattez jusqu’àla dernière goutte de votre sang,  » dit Alexandra, tandis qu’Inna signale que chaque matin elle s’éveille avec des menaces de mort, envoyés par message électronique, qui disent simplement « meurt  » ou « brà»le  ». Quand elle les voit, elle pense ; « Bonjour !  » dit-elle, riant longtemps et fort.

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