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Chili : la grossesse d’une fillette relance le débat sur l’avortement

vendredi 12 juillet 2013, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2013/07/10/01003-20130710ARTFIG00506-chili-la-grossesse-d-une-fillette-relance-le-debat-sur-l-avortement.php

Par Emmanuelle Germain

Publié le 10/07/2013 à18:46

Violée par son beau-père, Belen, 11 ans, est tombée enceinte dans un pays où l’avortement est illégal. Son sort émeut la population.

Elle a 11 ans et elle est enceinte de 14 semaines. Surnommée Belen pour protéger son identité, cette petite Chilienne a été violée par son beau-père âgé de 32 ans. Arrêté, il a reconnu les faits et il est depuis en détention préventive. Selon les médecins, la santé de Belen est menacée par cette grossesse du fait de son jeune âge.

Au Chili, l’affaire fait grand bruit. Lundi, Belen a affirmé être prête àgarder son bébé dans une interview pour la chaîne de télévision Canal 131 : « Ce sera comme une poupée que je tiendrai dans mes bras. Je vais l’aimer beaucoup même si elle est de cet homme qui m’a fait du mal. Cela ne fait rien, je vais l’aimer », a déclaré la fillette, abusée par son beau-père depuis ses neuf ans. Sa mère, qui était au courant, parle elle d’une « relation consentie », rapporte El Mundo2 .

Le président de centre droit Sebastian Pinera3 s’est dit « touché » par les déclarations de la fillette « qui a démontré de la profondeur et de la maturité ». Il a assuré que la vie de Belen était la priorité. Sans faire référence àl’avortement thérapeutique, il a affirmé que s’il était nécessaire de provoquer une naissance prématurée après 22 semaines de gestation (âge minimum auquel le nourissson peut survivre), « il faudra suivre cette thérapie (...) parce que dans notre pays, la vie de la mère passe en premier ».

Au Chili, l’avortement4 thérapeutique a été autorisé en 1931 puis aboli en 1989 àla fin de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Ce pays, dans lequel l’église catholique jouit d’une grande influence, est l’un des cinq pays d’Amérique du sud où l’avortement est interdit dans toutes les circonstances.
Un débat qui survient en pleine campagne électorale

Ni la fillette et ni sa famille n’ont demandé publiquement l’avortement, mais cette affaire a relancé un vif débat sur la dépénalisation de l’avortement en cas de viol.

L’ex-présidente Michelle Bachelet5, candidate àl’élection présidentielle du 17 novembre prochain, est en faveur de la légalisation de l’avortement en cas de viol et de risques pour la santé de la mère ou d’anomalies du fÅ“tus.

Contrairement aux dirigeants conservateurs de l’Union démocrate indépendante, le parti majoritaire du gouvernement, qui défendent l’interdiction. « Nous ne voulons aucun type d’avortement, pas même thérapeutique », a rappelé la porte-parole du gouvernement, Cecilia Perez. Aucun consensus n’a été trouvé sur l’avortement thérapeutique au Chili, où trois initiatives allant dans ce sens ont été rejetées par le Parlement en avril 2012.
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