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La Tunisie fête la révolution dans un climat de menaces sécuritaires

mardi 7 janvier 2014, par siawi3

Par Jamel Arfaoui et Yasmin Najjar à Tunis pour Magharebia – 17/12/2013

Source : http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2013/12/17/feature-01

Le groupe jihadiste tunisien interdit Ansar al-Sharia, inscrit sur la liste des organisations terroristes par les autorités, s’est rassemblé ce mardi 17 décembre dans le centre de Tunis à l’occasion du troisième anniversaire de la révolution.

À Sidi Bouzid, des associations de la société civile se sont rassemblées mardi matin devant les bureaux du gouverneur de la région, là où le jeune Mohamed Bouazizi, 26 ans, s’était immolé par le feu en 2010 et avait déclenché le Printemps arabe.

Pour des « raisons de sécurité », le Président Moncef Marzouki, le Premier ministre sortant Ali Larayedh et le président du parlement Mustapha Ben Jaafar ont décidé de ne pas participer aux commémorations prévues à Sidi Bouzid, a indiqué l’AFP.

[AFP/Fethi Belaid] Les Tunisiens célèbrent le troisième anniversaire de la révolution sur la Place Mohamed Bouazizi de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2013.

[AFP/Fethi Belaid] Les Tunisiens célèbrent le troisième anniversaire de la révolution sur la Place Mohamed Bouazizi de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2013.

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De nombreuses unités de la sécurité ont été déployées dans Sidi Bouzid.

Mardi dans la matinée, le parti salafiste Hizb ut-Tahrir a installé des tentes sur la place du martyr Mohamed Bouazizi. Selon Tunisie Numérique, il a également décidé ce marquer cet anniversaire en organisant un rassemblement, profitant de l’occasion pour appeler à la mise en place d’un califat.

Plusieurs articles sont parus cette semaine concernant une rencontre à Benghazi entre les branches d’Ansar al-Sharia venues de Tunisie, du Maroc et d’Égypte.

Des représentants d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le leader d’Ansar al-Sharia en Tunisie Seif Allah ben Hassine (alias Abou Iyadh) étaient également présents lors de cette rencontre de trois jours en septembre.

Cette réunion avait été consacrée au « développement d’une nouvelle stratégie régionale destinée à lutter contre le gouvernement tunisien et à faciliter les flux de combattants militants vers la Syrie », a indiqué l’hebdomadaire allemand Die Welt am Sonntag.

De fait, « Ansar al- Sharia en Tunisie est le même que celui basé en Libye. Les deux mouvements partagent la direction et les unités de combat », a expliqué le général de brigade à la retraite et spécialiste des questions militaires Mokhtar Ben Nasr à Al-Masdar.

Il a ajouté que les relations entre Ansar al-Sharia en Tunisie et Ansar al-Sharia en Libye étaient étroites sur le plan régional et communal.

Les groupes terroristes retranchés dans le Jebel Chaambi sont composés de différentes nationalités, Libyens, Tunisiens, Maliens et Algériens, a-t-il souligné.

« Cela témoigne des liens qui existent entre ces groupes », a-t-il ajouté.

Maher Zayoud, spécialiste de la sécurité, reconnaît que la coordination entre ces groupes extrémistes est étroite, soulignant : « Il faut remonter au communiqué d’Ansar al- Sharia en Libye du mois dernier, dans lequel il déclarait la guerre à l’armée et aux forces de sécurité en Libye, et le comparer au communiqué d’Ansar al-Sharia en Tunisie, qui décrit l’armée et les forces de sécurité comme des tyrans. »

Le leader de la branche libyenne d’Ansar al-Sharia, Mahmoud Baraasi, avait déclaré le mois dernier qu’al-Qaida était un modèle. « Nous ne faisons que suivre Sheikh Oussama ben Laden et Sheikh Ayman al-Zawahiri », avait déclaré Baraasi.

« Nous ne reconnaissons que notre bannière sur laquelle le Coran guide et le sabre coupe », avait-il ajouté, avant de menacer les Libyens : « L’application de la sharia, ou le sabre. »

« Nous ne reconnaissons pas l’État libyen et son gouvernement infidèle, que ce soit le cabinet ou le parlement », avait-il souligné.

Le ministère tunisien de l’Intérieur a accusé Ansar al-Sharia d’être impliqué dans l’assassinat des personnalités de l’opposition Chokri Belaid et Mohamed Brahmi et dans le meurtre de membres de la police et de l’armée dans le Jebel Chaambi, à la frontière avec l’Algérie.

Pour prévenir d’autres attentats contre des figures de l’opposition, le ministère de l’Intérieur a réservé six cents membres de la sécurité à la protection des personnalités menacées, dont 95 pour cent appartiennent à l’opposition.

La semaine dernière, les forces tunisiennes ont démantelé une cellule terroriste composée de six membres qui envisageait de mener une attaque similaire à celle de Sousse, a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur Mohamed Ali Laroui.

Pour sa part, le porte-parole du ministère de la Défense Tawfiq Rahmouni a annoncé en début de semaine que des « mesures préemptives » étaient en place « pour contrer les menaces terroristes ».

La Tunisie travaille par ailleurs avec ses voisins.

« Certaines informations sont parvenues au ministère confirmant la présence de terroristes algériens en fuite en Tunisie, et nous coordonnons donc nos efforts avec la sécurité algérienne à cet égard », a expliqué le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou la semaine dernière dans un entretien avec le magazine Sotour.

La police des frontières de Boushebka, dans le gouvernorat de Kasserine, a arrêté la semaine dernière un militant algérien qui se rendait en Libye en possession de documents appelant au jihad.

Selon le colonel de la Garde nationale à la retraite Ali Ezramdini, « ce que la Tunisie connaît aujourd’hui est une extension de ce qui s’était produit au début des années 1990 en Algérie, parce que géographiquement, la Tunisie est encerclée par le terrorisme. »

Des groupes appartenant à la mouvance jihadiste sont déjà « stationnés dans les régions entourant la Tunisie, comme les Moulethemine et les fils du désert », a-t-il expliqué à Magharebia.

Il a ajouté : « Ces groupes religieux sont basés en Tunisie, en Libye et au Yémen dans un seul but, mettre en place un califat islamique s’étendant de l’Océan atlantique à l’Afghanistan. »