Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > Israel : Meurtre d’un jeune Palestinien : qu’est-ce que l’extrémisme juif (...)

Israel : Meurtre d’un jeune Palestinien : qu’est-ce que l’extrémisme juif ?

mardi 8 juillet 2014, par siawi3

Par Céline Lussato

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140707.OBS2997/meurtre-d-un-jeune-palestinien-qu-est-ce-que-l-extremisme-juif.html?xtor=RSS-17

Publié le 07-07-2014 à 19h30
Les six Israéliens accusés d’avoir brûlé vif ce jeune homme sont suspectés d’appartenir à une mouvance à l’idéologie violemment anti-arabe.

Le cercueil de Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, lors de son enterrement, vendredi 4 juillet. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Les policiers en charge de l’enquête sur le meurtre d’un jeune Palestinien de 16 ans à Jérusalem ont finalement arrêté six suspects, qui appartiendraient à un groupe extrémiste juif. Nourris d’une idéologie virulemment anti-arabe, ils sont soupçonnés d’avoir enlevé Mohammad Abou Khdeir puis de l’avoir brûlé vif. Trois ont avoué selon une source proche du dossier citée par la presse israélienne. Qui sont ces extrêmistes ? Que veulent-ils ? Explications.
Que sait-on de ces mouvances aujourd’hui ?

1. Dans les rangs des colons

Pour le politologue Denis Charbit, « cet extrémisme juif se caractérise aujourd’hui en particulier par des actions menées en Cisjordanie contre des paysans palestiniens, contre leurs champs d’oliviers ou leurs vignes. Des opérations qu’ils appellent »prix à payer« qui consistent, la nuit, à aller taguer des graffitis sur des bâtiments arabes, profaner des mosquées, crever des pneus de voitures d’arabes israéliens ou palestiniens ».

Des actes connus et dénoncés par les ONG israéliennes et palestiniennes mais qui restent impunis dans la grande majorité des cas malgré « une nette intensification ces derniers mois », note le professeur de l’Université ouverte de Jérusalem. Car ces activistes des colonies qu’on désigne souvent par l’appellation « jeunes des collines », appartiennent à des mouvances qui se mettent assez peu en avant. « Ces jeunes, qui ont grandi dans les implantations, sont en fait souvent en rupture de ban avec leurs parents qui, certes, sont des colons mais respectent les lois », note Denis Charbit.

2. Deux groupuscules sortent du lot

Plus visibles sur les réseaux sociaux, deux noms de groupuscules reviennent en boucle, notent les médias israéliens : l’organisation « Lehava », qui milite contre les mariages mixtes et en particulier avec des Arabes, mais aussi « La Familia », un groupe de supporters d’extrême droite du Betar Jérusalem. Reste à savoir si ces groupuscules au racisme notoire ont un lien avec les six personnes accusés du meurtre de Mohammad Abou Khdeir. « Le Bétar de Jérusalem est soutenu par des radicaux vociférant minoritaires mais très racistes », souligne Denis Charbit. « De là à dire que ce sont de leurs rangs que sortent les meurtriers de ce jeune Palestinien, je crois qu’il faut attendre les résultats de l’enquête », explique le politologue. Mais il ajoute : « A la découverte des corps des trois jeunes Israéliens, le défoulement de mots a été tel qu’il a encouragé certains à faire ce que les autres semblaient souhaiter par leurs propos. »

Les précédents

L’extrémisme juif ne date pas de ces derniers mois mais trouve son origine dans les années 1980. « On se souvient », explique Denis Charbit, « du démantèlement à la fin des années 1980 d’un réseau terroriste juif qui défendait l’utilisation de bombes à Naplouse et Ramallah et avait tenté de faire exploser l’Esplanade des mosquées. Ces membres ont été traduits en justice et jetés en prison ». Des extrémistes juifs s’en sont également pris à plusieurs reprises à des personnalités de gauche dans le pays, notamment l’historien Zeev Sternhell. Autres « faits d’armes » et non des moindre liés aux idéaux d’extrême droite en Israël : l’attaque par Baruch Goldstein dans le caveau de Makhpella à Hébron le 25 février 1994 qui fit 27 morts palestiniens ou, paroxysme de ces actes, l’assassinat d’Itzhak Rabin le 4 novembre 1995.

Des attentats dont les auteurs se revendiquent du mouvement « kahaniste ».
La branche politique de cet extrémisme

« Le kaanisme a été durant plusieurs années l’expression politique de cet extrémisme », explique Denis Charbit. « Après plusieurs échecs, le rabin Meir Kahane, fondateur, d’abord, à Brooklyn de la Ligue de Défense Juive (LDJ), puis du mouvement Kach en Israël, est élu à la Knesset en 1984. Un mouvement stoppé net par une législation interdisant à tout parti politique professant le racisme de pouvoir se présenter », raconte le politologue. Mais, si le parti n’a plus d’existence politique, le mouvement kahaniste, malgré l’interdiction en 1994 du Kach et du mouvement scissionniste « Kahane est vivant », existe toujours et inspire les groupuscules d’extrême droite israéliens.

VIDEO : Sur le web : L’adolescent palestinien kidnappé a été brûlé vif, selon l’autopsie