Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : Réactions gouvernementales aux « actes antisémites » sous prétexte de (...)

France : Réactions gouvernementales aux « actes antisémites » sous prétexte de soutien à Gaza

lundi 21 juillet 2014, par siawi3

Emeutes à Sarcelles : Cazeneuve dénonce des « violences antisémites intolérables »

Source : http://www.leparisien.fr/sarcelles-95200/emeutes-a-sarcelles-cazeneuve-denonce-des-violences-antisemites-intolerables-21-07-2014-4016373.php

G.L. avec Sébastien Nieto à Sarcelles | Publié le 21.07.2014, 07h11 | Mise à jour : 10h05

Bernard Cazeneuve a qualifié les débordements de dimanche à Sarcelles (Val-d’Oise) d’« intolérables » et affirmé que ces actes seront punis. | LP/SEBASTIAN NIETO

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est rendu tôt ce lundi matin, à Sarcelles (Val-d’Oise), au lendemain des violentes émeutes qui ont secoué la ville en marge d’une manifestation contre l’intervention israélienne à Gaza.
Cette manifestation avait été interdite.

* VIDEO. Sarcelles : violentes émeutes après la manifestation pro-palestinienne VIDEO. Sarcelles : violentes émeutes après la manifestation pro-palestinienne
* EN IMAGES. Scènes d’émeutes, magasins pillés et incendiés à Sarcelles EN IMAGES. Scènes d’émeutes, magasins pillés et incendiés à Sarcelles

Sur place, le ministre a dénoncé des « événements graves » et « intolérables ». « On peut dans la République exprimer de son indignation. On peut dire son souhait de voir la paix l’emporter face à la guerre » et que « les enfants de Gaza » soient « protégés face à la mort », a-t-il rappelé. « Mais il est intolérable qu’on s’en prenne à des synagogues où à des commerces parce qu’ils sont tenus par des juifs », a poursuivi Bernard Cazeneuve, pointant des actes « antisémites ».

Les violences ont éclaté dimanche après que les manifestants se sont séparés dans le calme. Des cocktails molotov et des fumigènes ont été lancés en direction de la synagogue de l’avenue Paul-Valery, protégée par les policiers. Une pharmacie et une épicerie casher (déjà visée en 2012) ont brûlé, des véhicules ont été incendiés. Une dame âgée, présente dans la pharmacie au moment de l’incendie, a été sérieusement intoxiquée par les fumées. Elle était encore hospitalisée dimanche soir, alors que la situation sur place s’était calmée.

Trois policiers ont été légèrement blessés et dix-neuf personnes ont été interpellées, selon le préfet du Val-d’Oise, qui affirmait dimanche qu’il n’y avait eu aucun affrontement inter-communautaire. Sarcelles est surnommée « la petite Jérusalem », car elle compte une importante communauté juive sépharade.

L’épicerie casher brûlée dimanche à Sarcelles. (LP/Sébastien Nieto)

« Pas d’interdiction générale » des manifestations pro-palestiniennes

« Rien ne peut justifier ces formes de violence », a martelé Bernard Cazeneuve. Ces actes « seront combattus et punis », a prévenu le ministre, « venu dire aux forces de police », qui ont surveillé les lieux de culte et différents bâtiments publics dans la nuit de dimanche à lundi, ses « remerciements pour leur travail ». Il a également rencontré des membres de la communauté de Sarcelles à la synagogue ainsi que le grand rabbin de France, Haïm Korsia.

Plus tard sur BFMTV, Bernard Cazeneuve a déploré un « climat d’irrationalité ». « J’ai moi-même participé à beaucoup de manifestations pour un Etat à Gaza, aujourd’hui je pense qu’il faut un Etat palestinien », a-t-il témoigné. Mais « on a tort de considérer que cette cause peut être défendue dans la haine des juifs ».

Répondant aux représentants politiques, de droite ou de gauche, qui prétendent que l’interdiction de manifestations pro-palestiniennes a pu attiser les violences, le ministre a rappelé qu’à Lille et à Nice, il n’y a « pas eu de violences » après la décision de ne pas autoriser des rassemblements samedi : « Les organisateurs qui sont des militants sincères n’ont pas procédé à ces manifestations ». Une soixantaine de manifestations se sont déroulées dans le calme ce week-end, a-t-il souligné.

Dans le cas de Sarcelles : « Si je n’avais pas interdit cette manifestation, ça aurait été sans doute pire », a estimé Bernard Cazeneuve. A propos des rassemblements prévus cette semaine, le ministre assure qu’il n’y a « pas d’interdiction générale des manifestations pro-palestiniennes », « si elles peuvent se tenir dans le calme, elles se tiendront ».

VIDEO. Bernard Cazeneuve : « J’assume totalement l’interdiction des manifestations »

Les réactions politiques
Bruno Le Maire (UMP) a dénoncé ce lundi sur Europe 1 des « actes inacceptables et intolérables » à propos des violences ce week-end à Sarcelles. Se disant « profondément » choqué, le député UMP de l’Eure a déploré que « la barbarie » soit en train de « gagner du terrain en France. » Il a aussi appelé le gouvernement à « prendre toutes les mesures nécessaires pour que les fauteurs de troubles soient, arrêtés, jugés et condamnés ». Et d’ajouter : « S’il devait y avoir des ressortissants étrangers parmi ces fauteurs de troubles, qu’ils soient expulsés du territoire français car leur place n’est pas ici ».

Xavier Bertrand (UMP) a appelé lundi les « Républicains » à « réagir » aux violences ayant émaillé les manifestations pro-palestiniennes à Paris et Sarcelles, se disant « prêt à soutenir le gouvernement », alors qu’il attend de François Hollande qu’il s’exprime. « Il n’y a pas seulement ces scènes quasi-insurrectionnelles à Sarcelles. Il y a ce qui s’est passé pendant le week-end, la semaine dernière. Nous devons tous, Républicains, réagir et savoir être solidaires parce que ceux qui font ça défient la France, défient la République », a-t-il déclaré sur RTL.

Le vice-président du Front National, Florian Philippot, parlant d’« une émeute majeure tous les mois » désormais en France, a estimé lundi que le conflit israélo-palestinien, bien qu’importé par une « immigration de masse non assimilée », servait « largement » de « prétexte » pour défier « l’ordre républicain ». « Je pense que l’interdiction n’est pas du tout la solution. Je pense que c’était même la pire des solutions parce qu’interdire une manifestation, c’est évidemment inciter certains, les plus radicaux, à y aller non plus pour manifester une opinion politique par ailleurs tout à fait légitime mais pour défier l’Etat (...) Il n’y a rien de plus dramatique que de voir l’Etat français incapable de faire respecter ses propres interdictions », a-t-il réagi sur France 2.
G.L. et C.M.

VIDEOS. Manifestation pro-Palestine interdite : des heurts éclatent à Sarcelles