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France : Paris : rassemblement pro-Gaza interdit et àhaut risque

lundi 28 juillet 2014, par siawi3

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Gaza-manifestation-propalestinienne-interdite-a-Paris-possible-appel-2014-07-26-1184275

26/7/14 - 05 H 07 - Mis àjour le 26/7/14 - 14 H 50

AFP

Après-midi àhaut risque samedi àParis où la préfecture, rappelant les graves violences lors d’un précédent rassemblement, a interdit une manifestation propalestinienne que les organisateurs entendaient maintenir coà»te que coà»te.

Plusieurs des mouvements appelant àla manif - Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti des indigènes de la République, Union juive française pour la paix - ont tenté d’obtenir en urgence devant le Conseil d’Etat la levée de cette interdiction. Mais la plus haute juridiction administrative du pays a confirmé, samedi peu avant 13h30, la décision du tribunal administratif de Paris s’opposant àla tenue de la manifestation.

Peu après, dans une déclaration àla presse Place Beauvau, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a solennellement appelé « pour la dernière fois » les organisateurs àrenoncer àleur initiative.

La préfecture de police estimait que ce rassemblement, prévu à15h00 place de la République, présentait les mêmes risques de violences que la manifestation interdite le 19 juillet dans le quartier populaire de Barbès et celle du 13, autorisée mais qui avait dégénéré en débordements près de synagogues, non loin de la Bastille.

Saisi en procédure d’urgence, le juge du Conseil d’Etat a estimé que la préfecture de police était justifiée àinvoquer pour sa décision les violences des 13 et 19 juillet, le fait que les organisateurs n’aient pas respecté le délai de trois jours pour la déclaration de la manifestation et n’aient pu démontrer leur capacité àmettre en place un service d’ordre suffisant.

Peu après, un policier est venu notifier aux organisateurs que la manifestation était bien interdite et a demandé àla trentaine de personnes rassemblées place de la République de se disperser.

« Le gouvernement veut jouer la carte du pourrissement, il cherche l’escalade pour museler ce mouvement de solidarité avec la Palestine », a dénoncé un des organisateurs, Adnane Benyoussef. « Ils savent très bien que les gens vont venir de manière spontanée à15h00 ».

En fin de matinée, Alain Pojolat, du NPA, s’attendait àla venue de « plusieurs milliers de personnes ». « Pour nous, tout débordement aujourd’hui sera la faute àl’interdiction par la préfecture de police d’une manifestation qu’on était parfaitement àmême d’organiser sereinement », a-t-il souligné.

- « Haine de l’autre »-

Le président François Hollande avait dit le 14 juillet qu« il n’était pas question de laisser »s’importer" en France le conflit israélo-palestinien, mais la ligne diplomatique de la France a été critiquée par certaines voix dans le pays comme pro-israélienne.

Le Premier ministre Manuel Valls a en tout cas voulu adresser un message d’apaisement aux musulmans de France. Il s’est ainsi rendu vendredi soir àla mosquée d’Evry-Courcouronnes, une des plus grandes du pays, pour la rupture du jeà»ne du ramadan, assurant qu’il n’y avait pas « deux poids deux mesures » àleur détriment.

« Quand des casseurs se réclament d’une forme dévoyée de l’islam, ce sont les musulmans qui souffrent les premiers car ces actes nourrissent des amalgames insupportables », a-t-il justifié, car « ces groupes radicalisés s’en prennent àvotre foi, àla noblesse du message de l’islam, àses valeurs d’ouverture, de tolérance ».

« Des indignations s’expriment, c’est légitime ! Des manifestations s’organisent, c’est un droit fondamental ! Mais rien, jamais, ne pourra justifier la violence, la haine de l’autre », a-t-il encore lancé.

Selon des sources policières, les forces de l’ordre ont mobilisé environ 2.000 hommes et reçu des « consignes de fermeté » pour intervenir « très rapidement et interpeller » en cas de non-respect de l’interdiction de manifester ou de « slogans ou manifestations antisémites ». A Barbès, la police a procédé en début d’après-midi àquatre interpellations de personnes appelant àparticiper àla manifestation interdite, selon une source proche des forces de l’ordre.

De leur côté, les ONG Amnesty international et Human Rights Watch se sont toutes deux inquiétées des restrictions àla « liberté de réunion ».

L’offensive israélienne àGaza, qui en est àson 19e jour, a déjàfait au moins 985 morts côté palestinien et 39 côté israélien. Un cessez-le-feu de 12 heures est entré en vigueur samedi après d’intenses efforts d’acteurs internationaux qui se retrouvaient samedi àParis pour tenter d’obtenir une trêve durable.