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Irak : l’ONU prend des mesures contre les djihadistes

samedi 16 août 2014, par siawi3

Source : http://www.lepoint.fr/monde/irak-l-onu-prend-des-mesures-contre-les-djihadistes-16-08-2014-1854203_24.php

Le Point.fr - Publié le 16/08/2014 à 08:54 - Modifié le 16/08/2014 à 09:21

Source : AFP

La résolution adoptée vendredi soir est la mesure la plus concrète prise à ce jour par le Conseil de sécurité devant l’avancée des djihadistes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution qui vise à empêcher le recrutement et le financement des djihadistes en Syrie et en Irak. © Don Emmert / AFP

L’ONU a adopté vendredi soir une résolution visant à contrer la progression fulgurante des djihadistes en Irak, et les États-Unis ont mené plusieurs frappes contre des positions de l’État islamique, soupçonné de nouvelles attaques meurtrières contre la minorité yézidie dans le nord du pays. La résolution du Conseil de sécurité, adoptée peu après que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki a accepté de céder le pouvoir, réclame le désarmement et la dissolution immédiats de l’État islamique (EI) ainsi que du Front al-Nosra en Syrie, et des autres formations liées à al-Qaida.

La résolution vise à empêcher le recrutement et le financement des djihadistes en Syrie et en Irak. Le Conseil de sécurité de l’ONU a aussi ajouté les noms de six extrémistes, parmi lesquels des responsables de l’EI et du Front al-Nosra originaires d’Arabie saoudite ou du Koweït, sur une liste d’individus soumis à des sanctions internationales pour leurs liens avec al-Qaida. Ces sanctions consistent en un embargo sur les armes, des gels d’avoirs et une interdiction de voyager. Il s’agit de la mesure la plus concrète et la plus étendue prise à ce jour par le Conseil devant l’avancée de l’EI. Le texte est placé sous le chapitre VII de la charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer, mais n’autorise pas pour l’instant d’opération militaire.

Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, réunis en urgence vendredi sous la pression de la France, se sont mis d’accord à Bruxelles sur la livraison d’armes aux forces kurdes qui combattent l’EI dans le nord de l’Irak.

Une attaque djihadiste de grande ampleur à Kawju

Sur le terrain, les États-Unis ont annoncé qu’un drone avait détruit deux véhicules de l’EI au sud de la ville de Sinjar (nord). Ces frappes font suite à des informations émanant des forces kurdes sur une attaque djihadiste de grande ampleur dans le village de Kawju, au sud de la ville de Sinjar, a expliqué Washington.

Par ailleurs, des responsables kurdes et yézidis, cités par plusieurs médias occidentaux, ont fait état d’un massacre qui aurait été perpétré vendredi par l’EI dans le village de Kocho, à une quarantaine de kilomètres de Sinjar. Les djihadistes auraient tué ou enlevé plusieurs dizaines de Yézidis après les avoir sommés de se convertir à l’islam, selon ces informations qui n’ont pas pu être confirmées de façon indépendante dans la nuit de vendredi à samedi.

Des dizaines de milliers de Yézidis, kurdophones non-musulmans, avaient trouvé refuge dans cette zone des monts Sinjar. La progression des djihadistes en Irak a poussé début août des dizaines de milliers de personnes, appartenant notamment aux minorités chrétienne et yézidie, à la fuite, après la chute de plusieurs villes proches du Kurdistan autonome.

« Grand pas en avant »

Devant cette avancée foudroyante et l’incapacité des forces gouvernementales à la stopper dans un pays miné par les divisions, les pressions internes et internationales se sont accrues sur Nouri al-Maliki, pour le pousser à céder le pouvoir. Ses détracteurs l’accusent d’avoir alimenté le chaos, surtout la montée en force des djihadistes, en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite.

Lâché par ses alliés américain et iranien, des membres de son propre bloc chiite et la plus haute autorité religieuse chiite du pays, Nouri al-Maliki a annoncé jeudi soir qu’il renonçait à un troisième mandat, cédant le pouvoir au Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi, membre du même bloc politique appelé à former un gouvernement d’union. La décision de Nouri al-Maliki a été qualifiée de « grand pas en avant » par les États-Unis et de « pas historique » par l’ONU.

Au lendemain de son départ, d’importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi dans la province d’Al-Anbar frontalière de la Syrie (ouest) contre les insurgés, a affirmé le cheikh Abdeljabbar Abouricha, un chef tribal. Le général Ahmed Saddak, de la police d’Al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce mouvement, affirmant : « Nous n’arrêterons pas avant la libération d’Al-Anbar », où les insurgés contrôlent plusieurs secteurs depuis janvier.

Depuis le 9 juin, l’EI s’est également emparé de pans entiers du territoire au nord de Bagdad, ne rencontrant presque aucune résistance des forces armées. Fort de ses succès en Irak et en Syrie, il a proclamé un califat à cheval entre les deux pays sur les zones qu’il contrôle et où il est accusé de persécution des minorités, d’exécutions sommaires et de viols.

« Aidez-nous ! »

Il y a une dizaine de jours, ce groupe extrémiste a avancé vers la région autonome relativement calme du Kurdistan (nord), chassant des dizaines de milliers de chrétiens et Yézidis de leurs villes. Les forces kurdes dépassées tentent, non sans grande peine, de les freiner.

Pour leur venir en aide ainsi qu’aux déplacés yézidis, les États-Unis, dans leur premier engagement militaire en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, ont lancé le 8 août des frappes aériennes dans le Nord. À la faveur des raids, le président Barack Obama a annoncé jeudi que le « siège de l’EI a été brisé » dans les monts Sinjar. Il n’y aurait plus que 4 000 à 5 000 Yézidis dans cette zone, selon le Pentagone.

Des milliers de déplacés sont installés désormais dans des conditions très difficiles dans des camps au Kurdistan ou à la frontière syrienne, sans espoir d’un retour rapide chez eux. « Je suis peut-être en sécurité maintenant, mais j’ai perdu mon âme dans cette fuite », raconte Juno Khalaf, un Yézidi réfugié dans un camp en Syrie. « S’il vous plaît, aidez-nous. »