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France : Gaza sous Gaza ou la banalisation de l’islamisme français

mercredi 20 août 2014, par siawi3

source : http://www.marianne.net/martinegozlan/Gaza-sous-Gaza-ou-la-banalisation-de-l-islamisme-francais_a118.html

Rédigé par Martine Gozlan le Dimanche 27 Juillet 2014 à11:05 commentaire(s)

Quenelles et drapeaux du djihad ont défiguré la statue de la République. Un cercle de femmes voilées se serrait àses pieds. L’affaire de Gaza banalise l’islamisme français.

Photo : La statue prise d’assaut par les manifestants le 26 juillet

De même que les tunnels découverts àGaza révèlent la profondeur et la sophistication du réseau souterrain installé par le Hamas pour acheminer des armes et pénétrer en Israë l, pour faire la guerre tout simplement, sans se soucier un instant de la survie de la malheureuse population palestinienne, nous avons en France notre « Gaza sous Gaza ». Chaque week-end estival, chaque semaine de cet été désespérant, nous devons encaisser ànouveau les uppercuts contre tous les symboles de la République, l’allégresse haineuse qui transforme la solidarité avec les victimes civiles d’un conflit en allégeance et soutien àl’étendard du Hamas, au drapeau noir du djihad. La manifestation parisienne du 26 juillet n’a pas échappé àla règle. Toute interdite qu’elle fà»t, on y a vu des citoyens - nos compatriotes- escalader le monument, et depuis les plis de pierre des statues au doux visage déterminé de la France parisienne insurgée- notre histoire d’où que nous venions, notre berceau, notre langue, notre fierté avec ou sans les dieux- y déployer l’oriflamme sinistre de la négation de la raison. Ils y joignaient différents drapeaux - algérien, turc, yéménite, marocain- lesquels étaient censés incarner la solidarité internationale islamique avec la Palestine. Le tout assorti naturellement du salut nazi inversé de Dieudonné.
Le salut nazi inversé depuis la statue de la République. Le désespoir de cette vision se répète. Des cohortes de filles voilées, très voilées entourant d’un cordon sanitaire insane cette même statue qui, avec la République, est l’incarnation féminine, majestueuse, dévoilée, souveraine, de la liberté d’être.

Il semble, àen juger par les compte-rendus, que ces voiles-làne dérangent plus personne.
Et voici l’enseignement, la leçon de ces événements hexagonaux : le « Gaza sous Gaza » a banalisé l’islamisme français. Rappelons que la face émergée de l’islamisme a toujours été le cheveu interdit de la femelle. Ce voile, nous l’avons dénoncé depuis si longtemps, et avec tant de constance ! Sur la carte tragique du Moyen-Orient mais aussi des pays d’Asie et d’Afrique, n’avons-nous pas suivi sa progression et son adoption au fil des décennies ? N’est-il pas, partout, le symbole de la victoire du salafisme comportemental ?

Peu àpeu, ce voile, dont le bannissement dans les préaux du collège par notre loi salutaire sur l’interdiction des signes ostentatoires constitua la première mobilisation des islamistes en France, s’est popularisé. Il a gagné en nombre, en mode. Il est devenu une façon de faire vendre : relire la formidable chronique qu’a consacré Guy Konopnicki aux pubs de téléphonie mobile. Pourvu qu’il ne cache pas la face - ce qu’une autre loi, quelquefois bafouée, interdit- ce voile s’est benoitement francisé.
Non, désolée. Ce voile est àl’aune des drapeaux qui se déployaient hier, moins pour se désespérer du massacre des civils innocents- au milieu desquels le Hamas planque ses tunnels et ses arsenaux- que pour désespérer le visage nu et la chevelure libre de la République française, universaliste, qui fut admirée par les parias du monde entier pour la libre raison qu’elle diffusait. Ce voile est devenu l’aboutissement de la contre-pensée antihumaniste, ségrégationniste, discriminatrice. Une contre-pensée qui nie la diversité au nom de laquelle elle prétend s’imposer : car elle nie l’autre, et pas seulement le juif. Elle nie tous les autres, qui sont nous, citoyens mêlés de la même patrie, que nous portions un nom d’Orient ou d’Occident.
Cette contre-pensée islamiste peut désormais défiler dans toute la France. Avec sa virulence acceptée, pourvu qu’elle ne trouble pas l’ordre public, elle représente l’antithèse de tout ce qui fonde notre contrat social, éthique, culturel, existentiel.
Son déploiement, son affirmation- alors qu’un grand quotidien du soir titre avec humilité « Génération Gaza »- représente l’aspect fondamental, fondamentaliste, de notre « Gaza sous Gaza » français.