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Jusqu’où ira la guerre de Gaza en France ?

mercredi 20 août 2014, par siawi3

Source : http://www.marianne.net/martinegozlan/Jusqu-ou-ira-la-guerre-de-Gaza-en-France_a117.html

Rédigé par Martine Gozlan
le Dimanche 20 Juillet 2014 à20:05

Emeutes anti-juives du 13 juillet, scènes de guérilla àBarbès le 19 juillet, affrontements autour de la synagogue de Sarcelles dimanche 20 juillet, nouvelles manifestations pro-palestiniennes prévues àParis : jusqu’où peut aller la guerre de Gaza en France ?

Photo : affrontements àSarcelles le 20 juillet

Là-bas, c’est ici pour tous ceux qui n’y sont pas, qui n’y comprennent rien mais veulent tout expliquer, se vautrent dans les discours dégoulinants des pousse-au-crime de la bonne pensée pseudo-solidaire, le Nouveau Parti anticapitaliste et surtout anti-tout, les associations islamistes même pas déguisées. Là-bas , c’est ici pour tous ceux qui pataugent dans la fausse rhétorique de la « disproportion » des victimes, le sophisme le plus efficace de la désinformation moderne. Là-bas, c’est ici devant la télé, sur les réseaux sociaux et dans nos rues. Et ça commence àfaire très mal àla France, qu’on soit juif, musulman, catholique, protestant, boudhiste ou athée.
Oui, on voudrait être pacifistes, ne pas voir d’enfants pulvérisés parce que le Hamas dissimule ses arsenaux au coeur des habitations civiles, parce qu’il envoie ses roquettes du toit des immeubles.
On voudrait ne pas voir de « combattants » djihadistes émerger de tunnels qui s’ouvrent à15 kilomètres de la frontière, au coeur d’Israë l, ce qui, en toute logique, ne peut que renforcer les frappes de l’armée, son avancée inéluctable en terre gazaoui.
On voudrait croire que le Hamas va cesser de refuser un cessez-le-feu qu’Israë l, àdeux reprises, a accepté, et se soucier enfin du sort de sa population livrée cyniquement àla riposte de l’Etat hébreu par un mouvement terroriste avide de se purifier par le sang des siens.
On voudrait espérer que les atrocités commises dans le reste du Moyen-Orient par les suppôts du nouveau califat ne tombent pas dans un océan d’indifférence, principalement parce que les journalistes ne sont pas seulement interdits àMossoul, quand s’enfuient les chrétiens, ou devant les crucifixions du nord de l’Irak : non, les journalistes sont pris en otage, égorgés ou revendus. Il n’y a donc pas de manifestation française, jamais, pour les innombrables victimes sans cause, sans visage, sans micro, sans journal télévisé, de la barbarie intégriste.
Ce « Là-bas », l’autre, le télévisuel, le journalistiquement accessible, l’idéologiquement disponible, restera donc le seul qui mobilise ici.
Le 20 juillet, des émeutes ont éclaté près de la synagogue de Sarcelles, une épicerie casher a été incendiée, un commissariat a été attaqué. Le même tableau désolant que dans le 18ème arrondissement parisien, hier, consterne et affole les riverains d’une des villes les plus métissées de France. L’alibi de ces violences ? Deux rendez-vous antagonistes : celui d’une manifestation pro-palestinienne interdite et d’un rassemblement pro-israélien de la Ligue de Défense juive, également interdit. Le maire de Sarcelles, François Pupponi, a eu raison d’interdire ce face àface comme la mairie de Paris la manifestation d’hier. Plus personne ne doit jeter d’huile sur le feu qui risque de consumer la malheureuse fraternité française. Hélas...« Les émeutiers se sont dirigés directement vers la synagogue, leur intention était de casser du juif. L’objectif était d’en découdre et de venir provoquer la communauté juive, comme c’était flagrant sur les pages Facebook toute la semaine. Le lieu étant gardé, ils se sont répandus dans les rues et ont cassé des commerces juifs » a déclaré François Pupponi tard dans la soirée sur BFMTV.
Bien sà»r, toutes les synagogues, tous les lieux de culte juifs, toutes les institutions sont désormais sous protection policière. C’est logique, c’est terrible. Terrible que les citoyens porteurs du même passeport, qui partagent le même destin, ne puissent plus passer par les mêmes rues, ou alors, avec des CRS pour les garder. Jusqu’où la guerre de Gaza va-t-elle nous mener, enfants de France qui croient au ciel oriental ou qui n’y croient pas ? A Lutèce ou àBeyrouth ?

Là-bas, c’est ici pour tous ceux qui cajolent la tentation intifadesque de nos banlieues, pour les dinosaures des combats perdus, pour la grande manipulation des islamo-gauchistes embourbés dans le fantasme d’une cause palestinienne, hélas dramatiquement détournée aujourd’hui comme hier par les assassins du Hamas.
Tout cela date de loin, remonte au Forum Social de 2003 qui avait offert une tribune àTariq Ramadan, du même événement qui avait récidivé àLondres en novembre 2004. Pauvre Palestine, dont nul, jamais, dans ces milieux délétères, saisis par un antisionisme dont Manuel Valls a raison de rappeler qu’il se transforme en antisémitisme, n’a REELLEMENT défendu l’option de la paix en Palestine. La Palestine qui saigne est un bain d’hémoglobine bien trop rentable pour les apprentis sorciers et les vieux gourous épuisés.
Là-bas, c’est ici pour tous ceux qui veulent détruire notre vie commune, pousser les juifs de France au départ, les musulmans au radicalisme, broyer la République. Ce n’est pas un mot vide, la République. Avec la langue française, ce trésor sali aujourd’hui par l’insulte, c’est notre bien commun, avec ou sans Dieu, pour Ramadan, pour Kippour, pour Noë l et pour tous les jours.

La-bas, ce n’est pas ici. SOS pour notre France.