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Iraq : Assassinat du journaliste américain James Foley

jeudi 21 août 2014, par siawi3

Source : http://actu.orange.fr/culture/james-foley-un-journaliste-courageux-aux-valeurs-humanistes-afp_CNT0000003GMuO.html

AFP 20-08-2014 - 20:28
James Foley, un journaliste courageux aux valeurs humanistes

L’Américain James Foley, exécuté par des militants de l’Etat islamique, était un journaliste courageux qui n’hésitait pas àse rendre dans les endroits les plus dangereux pour raconter les histoires de civils pris dans le chaos de la guerre.
Le reporter de 40 ans avait été pris en otage en novembre 2012 en Syrie avant d’être exécuté par les jihadistes extrémistes de l’Etat islamique (EI).

La vidéo de son exécution diffusée mardi a provoqué des réactions horrifiées de par le monde et de nombreux confrères qui l’ont côtoyé ont témoigné des valeurs qui habitaient l’Américain, soulignant son courage, son humour et sa simplicité.

Daphné Benoît, journaliste àl’Agence France-Presse (AFP), avait travaillé àses côtés dans la ville libyenne de Misrata en octobre 2011. Ensemble ils avaient couvert les derniers jours au pouvoir de Mouammar Kadhafi.

« Beau gosse blond au visage anguleux toujours barré d’un sourire, caméra légère àla main, il était inséparable de deux autres free-lancers : la journaliste américaine Clare Morgana Gillis et le photographe espagnol Manu Brabo », s’est souvenu Daphné Benoît.

« Tous trois avaient été kidnappés ensemble àBrega par les kadhafistes en avril, puis séquestrés pendant plus d’un mois. Cela ne les avait pas empêchés de retourner de concert en Libye, d’être làpour couvrir la chute de l’ultime bastion des partisans de Kadhafi », s’est-elle encore remémoré.

« Un soir je n’ai pas pu m’empêcher de lui confier mon étonnement. Comment avoir envie de revenir ? Pudique, James m’a répondu en souriant que c’était une évidence, qu’il lui fallait couvrir l’histoire jusqu’au bout. Ce n’était pas une tête brà»lée. Juste un journaliste tenace. Il a bien fait : le 20 octobre 2011, James était parmi les rares journalistes sur place lors de la capture et l’exécution de Kadhafi àSyrte », a-t-elle ajouté.

La captivité de James Foley en Libye lui avait permis de réfléchir aux risques qu’il prenait, comme il l’avait raconté aux étudiants de son ancienne école de journalisme àson retour.

- Pas de victimes anonymes -

« Quand vous commencez àprendre des risques, que vous avez une alerte sérieuse, vous devez vraiment vous poser des questions. Cela ne vaut pas votre vie », avait-il dit, lui qui s’était tourné vers le journalisme sur le tard, à35 ans.

Puis, interrogé par un étudiant sur les raisons qui le poussaient àse rendre dans des zones si dangereuses, il avait répondu : « Il y a une humanité incroyable en ces endroits ».

Le reporter américain se concentrait en effet avant tout sur le côté humain des conflits qu’il couvrait.

« Avec sa petite caméra discrète, son casque et son gilet pare-balles, James Foley était capable de se glisser sur les lignes de front, où il croisait souvent des civils fuyant dans l’autre sens, il s’abritait parfois avec eux au milieu des bombardements », a encore raconté Djilali Belaid, coordinateur vidéo pour l’AFP au Moyen-Orient.

« Ses images parlaient souvent d’elles-mêmes, mais ses emails accompagnant ses vidéos mentionnaient toujours les noms des personnes interrogées, et même les noms des personnes mortes qu’il avait filmées après des bombardements. Pour lui il n’y avait pas de victimes anonymes », a-t-il encore noté.

Sara Hussein, journaliste àl’AFP qui l’a vu travailler dans un hôpital àAlep, se souvient d’un homme « calme et respectueux », qui avait su gagner la confiance des personnels de santé aux côtés desquels il travaillait.

Didier François, un journaliste français un temps retenu en otage avec James Foley avant sa libération en avril dernier, s’est quant àlui souvenu d’un « garçon extraordinaire », « un compagnon de détention extrêmement agréable, très solide », au micro de la radio Europe 1.

Simon Klingert, un reporter de guerre américain ami avec James Foley, a aussi rendu hommage àson courage : « Ils t’avaient mis àgenoux mon frère, mais jusqu’àton dernier souffle tu es resté fort face au mal », a-t-il dit sur Twitter.

« Il a donné sa vie en essayant de montrer au monde les souffrances du peuple syrien », a écrit de son côté sa mère Diane Foley, sur la page Facebook consacrée àla libération de son fils. « Nous remercions Jim pour toute la joie qu’il nous a donnée. Il était un fils, un frère, un journaliste et une personne extraordinaire ».