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En Irlande, le cas d’une femme forcée àaccoucher ravive le débat sur l’avortement

mardi 26 août 2014, par siawi3

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/08/19/en-irlande-le-cas-d-une-femme-forcee-a-accoucher-ravive-le-debat-sur-l-avortement_4473610_3214.html

Le Monde.fr | 19.08.2014 à20h45 • Mis àjour le 19.08.2014 à20h58

Un an après l’adoption d’une loi assouplissant l’interdiction de l’avortement, l’Irlande est secouée par un cas qui met en lumière les limites de ce texte. Une femme qui avait été violée, àqui la justice a refusé le droit d’avorter, a été forcée d’accoucher par césarienne à25 semaines de grossesse dimanche 17 aoà»t.

La jeune femme de 18 ans, dont l’identité n’a pas été divulguée, a raconté son histoire àl’Irish Times. Originaire d’un pays étranger, également non révélé, elle est arrivée dans le courant de l’année en Irlande. C’est là, àl’occasion d’une visite médicale, qu’elle apprend qu’elle est enceinte de huit semaines – une grossesse consécutive àun viol. Elle demande alors immédiatement une interruption de grossesse, assurant préférer mourir plutôt que de porter un enfant issu de ce viol, en vain. La jeune femme aurait cherché àse rendre en Grande-Bretagne pour avorter mais, dépitée par le coà»t que représenterait un tel voyage, aurait tenté de mettre fin àses jours.

GRÈVE DE LA FAIM ET DE LA SOIF

Ses tendances suicidaires la conduisent ànouveau àl’hôpital alors qu’elle est enceinte de 24 semaines. Elle y commence une grève de la faim et de la soif. Un panel d’experts juge sa santé mentale fragile et concède que sa grossesse doit prendre fin.

La justice ordonne dans le même temps qu’elle soit articiellement réhydratée et nourrie pour permettre la survie de l’enfant. L’hôpital indique àla jeune femme qu’elle va avorter avant de se rétracter et de lui signifier qu’elle n’a pas d’autre choix que de subir une césarienne. Une semaine plus tard, elle donne naissance àun enfant. Le bébé, qui n’a eu aucun contact avec sa mère, est en soins àl’hôpital.

Irlande : elle voulait avorter, la justice la force àaccoucher

En Irlande, une jeune femme qui dit avoir subi un viol et qui a été reconnue suicidaire a demandé un avortement. Mais dans le pays, l’IVG n’est autorisée que dans de rares cas. Après qu’elle a observé une grève de la faim et àseulement 25 semaines de grossesse, le tribunal a autorisé les médecins àpratiquer une césarienne. Placé en soin, le bébé, qui est né le 17 aoà»t, est désormais sous la responsabilité de l’Etat.

L’histoire ravive le débat sur l’interruption volontaire de grossesse dans le pays. En juillet 2013, le pays avait légalisé la pratique, tout en l’encadrant fortement. Le texte voté prévoit qu’un avortement ne peut être réalisé que dans le cas où la grossesse fait courir àla mère un « risque réel et substantiel pour sa vie  », après avis de plusieurs médecins. Les tendances suicidaires de la mère sont inclus dans cette notion de « risque  » mais doivent être attestées par des spécialistes.

« DES INSTITUTIONS L’ONT FORCÉE À PORTER UN BÉBÉ CONTRE SA VOLONTÉ  »

Pourtant, malgré ses pulsions suicidaires, la jeune mère n’a pas été autorisée àavorter. Les services de santé irlandais ont exigé un rapport sur le suivi dont a bénéficié la jeune femme. Mais la polémique est d’autant plus vive en Irlande qu’elle arrive une dizaine de jours après la publication d’un « guide  » édité par les autorités et qui dresse des recommandations pour les médecins qui devraient pratiquer des avortements. Des règles qui ne prendraient pas en compte les risques de suicide d’une victime d’un viol ou d’un inceste, et laissent « les femmes àla merci d’une loterie locale, morale ou politique  » selon l’endroit ou la personne qu’elles consultent, d’après des psychiatres cités par le Guardian.

Le panel d’experts nécessaires pour justifier de la nécessité d’un avortement – jusqu’àsept, selon une médecin interrogée par le quotidien britannique – est surtout pointé du doigt. La femme qui a dà» accoucher dimanche « a été littéralement enfermée dans des instituions irlandaises qui l’ont forcée àporter un bébé contre sa volonté, alors que des spécialistes débattaient pour savoir si elle pouvait subir ou non un avortement  », a ainsi commenté Mary Favier, la porte-parole de l’association Doctors for choice, qui réunit des professionnels de santé militant pour le droit des femmes àdisposer de leur corps. « Cela ne se serait produit dans aucun autre pays civilisé  », a-t-elle ajouté, dans les colonnes de l’Irish Examiner. Selon elle, le cas « montre que les nouvelles lois ne sont pas adaptées  ».