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Quebec : Le mur de l’aveuglement et de la lâcheteÌ devant l’islamisme

jeudi 29 janvier 2015, par siawi3

« L’islamisme ne sort pas de la cuisse de ma meÌ€re »

Djemila Benhabib

Source : Site Femmes Solidaire, publié par Marche Mondiale des Femmes, France le 298 janvier 2015

Il est difficile d’eÌ crire aujourd’hui. Parce qu’il est tout simplement difficile d’eÌ crire en pleurant des confreÌ€res et, pour certains, des amis, des talents indomptables, tombeÌ s au front. Au combat. Au champ d’honneur, comme on dit dans les livres d’une autre eÌ poque.

Sous mes fenêtres, je vois tomber des flocons de neige. Tout est blanc et pourtant tout me paraît si sombre. Et puis, j’ai l’impression que tout a eÌ teÌ dit. Et pourtant, rien n’a eÌ teÌ retenu. Alors, il est essentiel de reÌ peÌ ter. Car il n’est pas question de rester les bras ballants face aÌ€ ce tsunami qui emporte les meilleurs d’entre nous, un aÌ€ un.

Non, l’inteÌ grisme musulman ne vaincra pas ! Face aÌ€ cette monstruositeÌ , il n’y a qu’une seule posture : la REÌ SISTANCE. Avec les armes qui sont les nôtres : l’eÌ criture ou le dessin pour rendre compte du monde et de son absurditeÌ .

Le mur de l’aveuglement et de la lâcheteÌ

Je suis Charlie, certes... mais je suis Djemila Benhabib, surtout. Et si je suis terriblement bouleverseÌ e, c’est probablement parce que j’ai le deÌ testable sentiment de ne pas avoir suffisamment fait pour nous eÌ pargner cet effroyable gaÌ‚chis. Ce n’est pas faute d’avoir essayeÌ . J’ai parleÌ , eÌ crit, reparleÌ , reÌ eÌ crit, chuchoteÌ quelquefois, meÌ‚me hurleÌ et pleureÌ , au QueÌ bec et en France comme ailleurs.

Trop souvent, j’ai eu l’impression de ne pas avoir eÌ teÌ entendue. Trop souvent, je me suis heurteÌ e aux automates de la penseÌ e politiquement correcte. Trop souvent, j’ai frappeÌ un mur, celui de l’aveuglement, de l’ignorance et de la lâcheteÌ . Et fort heureusement, j’ai vu jaillir de l’ombre des citoyennes et des citoyens que je ne connaissais pas affronter avec courage et digniteÌ une classe meÌ diatique eÌ touffeÌ e par le deÌ ni et une classe politique trop occupeÌ e dans ses calculs eÌ lectoralistes et ses strateÌ gies partisanes.

Ces citoyennes et ces citoyens sont devenus mes compagnons de route. Ils m’envoient des mots d’amour et des encouragements de temps en temps. Ils savent que cet engagement-laÌ€ est extreÌ‚mement difficile. Ces derniers ont compris ce que treÌ€s peu de journalistes des meÌ dias dominants reÌ alisent : ce combat ne se fait pas sans risque. Il n’est pas rare d’y laisser des plumes et quelquefois sa peau. On ne rit pas d’Allah sans conseÌ quence... meÌ‚me en dessinant des bonhommes et des bonnes-femmes. Vous le savez maintenant.

Un soldat canadien qui a seÌ journeÌ longtemps en Afghanistan m’eÌ crit : « J’ai une penseÌ e speÌ ciale pour vous que j’admire qui avez un courage exceptionnel ! J’ai parleÌ souvent de ce qui allait un jour se produire ici en Occident... mais ça n’inteÌ ressait personne... Je me sens impuissant devant tous ces eÌ veÌ€nements... je dois passer au bistouri pour des hernies cervicales et un dos fini aÌ€ 40 ans aÌ€ cause de ces mêmes barbares... Prenez bien soin de vous ! Je me souviens.  »

La liberteÌ de religion n’est pas un droit de religion

L’irrespect, l’effronterie, l’impertinence, l’indiscipline et l’insoumission, bref tout ce qui faisait l’esprit de Charlie Hebdo eÌ tait deÌ testeÌ par nos meÌ dias dominants, du moins jusqu’au 7 janvier dernier alors que la laiciteÌ , un autre grand combat de Charlie, eÌ tait souvent conspueÌ e et ses militants traineÌ s dans la boue.

On m’informe que dans la fouleÌ e des eÌ veÌ€nements, AndreÌ Pratte, l’eÌ ditorialiste en chef de La Presse qui s’occupe de geÌ rer la page IdeÌ es et opinions, a deÌ cideÌ de lever la mise aÌ€ l’index des compagnons de Daniel Baril, ce fervent militant laïque. Daniel, profites-en, mon ami ! Passe le mot ! AndreÌ Pratte est un Charlie. Youpi !

Disons que ça se serait bien de reÌ tablir les ponts du deÌ bat parce que l’eÌ ditorialiste de La Presse ne comprend toujours pas grand-chose aÌ€ la laïciteÌ , en teÌ moigne encore une fois son eÌ ditorial d’hier d’hier dans lequel il faisait de la liberteÌ de religion un droit absolu de religion et confondait la liberteÌ de religion avec l’expression de la liberteÌ religieuse. Il y a laÌ€ une nuance importante qui constitue le fondement meÌ‚me de la moderniteÌ occidentale en matieÌ€re de seÌ paration du politique et du religieux. Lisez ou relisez, chers lecteurs, le « Discours de la servitude volontaire  » d’EÌ tienne de la BoeÌ tie. Ce grand texte de reÌ flexion politique, eÌ crit au deÌ but du XVIe sieÌ€cle, n’a pas pris une ride. La question du philosophe est simple : pourquoi les hommes acceptent la tyrannie alors qu’ils pourraient, le plus souvent, refuser de s’y soumettre ?

Ce n’est pas la premieÌ€re fois que je perds des camarades. Avec les anneÌ es, je ne me suis point endurcie. Les premiers morts que j’ai eu aÌ€ pleurer, c’eÌ tait en AlgeÌ rie, il y a vingt ans. Les fatras de notre eÌ poque sont trop lourds aÌ€ porter pour les amoureux de la liberteÌ . Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Bernard Maris, la rage au ventre, deÌ siraient la liberteÌ pour toutes et tous, avec aviditeÌ , sans concession aucune.

L’ islam est malade

Alors, je vais reÌ peÌ ter ce que je ne cesse de dire. Les musulmans ont le devoir de se regarder tels qu’ils sont et de regarder leur religion telle qu’elle est : l’islam est malade et sa maladie a pour nom l’islam politique. Pour sortir de cette ignominie, il est neÌ cessaire d’ouvrir un VRAI deÌ bat sur ce qui vient de se passer sans se voiler la face.

Non, l’islamisme ne sort pas de la cuisse de ma meÌ€re !
Si la France n’est pas le QueÌ bec, l’islamisme, lui, est une internationale et son modus operandi est le meÌ‚me partout sur la planeÌ€te, sa violence ne connaiÌ‚t point de frontieÌ€res, ni de limites. Ouvrons-nous les yeux et reÌ sistons ensemble contre la barbarie !"