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Charlie-Hebdo, pour qui sonne le glas ?

dimanche 1er mars 2015, par siawi3

Par Mezetulle, le 8 janvier 2015

Source : http://www.mezetulle.fr/charlie-hebdo-pour-qui-sonne-le-glas/

Aujourd’hui 8 janvier, après les assassinats visant la rédaction de Charlie-Hebdo, véritable acte de guerre où 12 personnes ont payé de leur vie la liberté de conscience et d’expression, le glas va sonner àla cathédrale de Paris.
Oui, les cloches vont sonner pour des « mécréants  ».
Car ce qui est le plus persécuté dans le monde n’est pas une foi ni une « valeur  », c’est un principe qui conditionne toute foi et toute « valeur  », qui conditionne le statut même d’être humain, de sujet autonome : c’est la liberté de conscience. Son corps, sans lequel il n’est rien, c’est la liberté d’expression.
Ce principe, tous, qu’ils aient ou non une foi, peuvent le défendre car tous en jouissent, tous en ont besoin. Voilàpourquoi le bonnet phrygien flottait hier soir sur les places publiques dans ces immenses rassemblements spontanés, voilàpourquoi tout d’un coup dans le monde entier le French bashing, subitement ringardisé, a fait place, en français dans le texte, àla parole libre de dire sa douleur, son indignation et aussi sa ferme résolution de ne pas vivre àgenoux.

Nous savons que Charb, Wolinski, Tignous, Cabu, Maris, Honoré, et tous ceux dont je ne sais pas le nom, qui travaillaient avec eux, sans oublier ceux qui les protégeaient, ont pris les coups pour nous, pour la liberté républicaine. Peut-être auraient-ils refusé les honneurs qu’on leur décerne post mortem . Mais leur combat appartient aujourd’hui àl’ensemble d’un peuple qui se souvient de son histoire et c’est pourquoi il faut les honorer comme des héros et comme des martyrs – ils ne peuvent rien àcet hommage. Les vivants le rendent aux morts pour pouvoir vivre àleur tour comme ils ont vécu, libres et sans peur ; cet hommage est une relève.
En novembre 2011, àla suite de la publication d’un numéro intitulé Charia-Hebdo, Charlie-Hebdo avait été l’objet d’un incendie criminel. J’écrivais alors sur-le-champ un petit article « La coupe est pleine  ». Non , la coupe n’était pas encore assez pleine, aujourd’hui elle déborde.

VOIR AUSSI :

Lire sur l’ancien site Mezetulle.net l’article de 2011.
[Edit du 12 janvier. Cet article a été écrit et publié avant les assassinats de la stagiaire policière àMontrouge et de quatre personnes àla Porte de Vincennes dans un Hyper cacher par un tueur expressément lié àceux qui ont commis la tuerie de Charlie-Hebdo et dont les motifs avoués étaient les mêmes : après avoir « fait  » Charlie, il fallait « faire  » les flics et les juifs. Ce qui porte le nombre des victimes à17, alors que d’autres personnes sont encore hospitalisées.]

Source : http://www.mezetulle.net/article-charlie-hebdo-la-coupe-est-pleine-il-faut-constitutionnaliser-les-principes-de-1905-87805093.html

Charlie-Hebdo, la coupe est pleine : il faut constitutionnaliser les principes de 1905 !
En ligne le 2 novembre 2011

L’incendie qui a ravagé cette nuit du 2 novembre 2011 les locaux de Charlie-Hebdo, àla suite de l’annonce de la parution d’un numéro intitulé « Charia Hebdo  », marque un tournant et appelle, au-delàdu soutien populaire àla liberté d’expression, une campagne de constitutionnalisation des principes de la loi de 1905.


D’abord un tournant dans la violence : rarement un organe de presse avait été attaqué physiquement de façon aussi violente en France. Cela rappelle bien sà»r les caricatures de Mahomet au Danemark, l’assassinat de Theo Van Gogh aux Pays-Bas, les menaces de mort àl’encontre de Robert Redeker, les appels àl’interdiction de films, d’expositions ou de spectacles. Mais au-delàde ces événements visibles, combien d’intimidations, de menaces, de pressions sur des personnes, des commerces, des opinions, pour motif religieux ?

Un tournant dans l’opinion. Rares et peu audibles sont les voix qui s’élèvent aujourd’hui pour excuser ou du moins « comprendre  » cette violence et ces appels àla censure, au nom du « respect  » qui serait dà» àune « sensibilité religieuse  » ou même àla notion de religion en général. Tel n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps : on rappellera les réticences chichiteuses devant le soutien àapporter àRobert Redeker (1).

Mezetulle vient de publier un article de réflexion sur la notion de religion d’Etat : ça tombe mal m’objectera-t-on ! Au contraire : j’y examine les conditions auxquelles une religion officielle peut être compatible avec un régime respectueux des libertés fondamentales. Et j’y énonce expressément un critère décisif permettant d’en juger : que chacun puisse se détourner de la bienpensance normalisatrice (qu’elle soit ou non religieuse) en publiant et en affichant des opinions contraires sans risquer sa vie, sa sécurité, sa liberté ou ses biens.

Ce qui vaut en régime tolérant reconnaissant une religion officielle (par exemple au Royaume-Uni, en Norvège, etc.), vaut a fortiori et est encore plus facile àfaire respecter en régime de laïcité. Pourquoi ? Parce que le régime de laïcité assure d’abord la liberté de conscience, dont la liberté des cultes n’est qu’un cas particulier : non seulement aucune religion ne peut y jouir d’un statut officiel, mais encore le fait même d’avoir une religion n’y est pas présenté comme une norme, ni comme plus digne de respect qu’une autre opinion. Que l’opinion religieuse jouisse du même statut et des mêmes libertés que n’importe quelle autre, ni plus ni moins, c’est ce que ne supportent pas les tenants d’une hégémonie religieuse expansionniste - quelle qu’elle soit.

Cette heureuse disposition tient pourtant essentiellement àdeux phrases de ce qui n’est qu’une loi, votée en 1905, et dont certains voudraient faire un « toilettage  ». Une loi se défait et se détricote assez facilement.
Il est urgent de lancer une campagne pour constitutionnaliser les principes fondamentaux de la loi de 1905 : liberté de conscience, liberté des cultes, non-reconnaissance et non-financement des cultes quels qu’ils soient.

1 - Voir notamment sur ce blog : La double fatwa. De l’islamo-progressisme