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’Charia islamique’ et autres joyeusetés au lycée français de Doha, ironiquement dénommé Voltaire !

mardi 24 février 2015, par siawi3

1.

LE LYCÉE VOLTAIRE PERVERTI PAR LES QATARIS, SUITE ET FIN
DECRYPTAGES - PAR JACQUES MARIE BOURGET - Publié le 05 Fév, 2015

Source : http://www.mondafrique.com/lire/decryptages/2015/02/05/le-lycee-voltaire-perverti-par-les-qataris-suite-et-fin

Après l’article « Le lycée français de Doha enseignera la charia » qui compte quelques imprécisions, Jacques-Marie Bourget co-auteur avec Nicolas Beau du « Vilain petit Qatar » apporte de précieuses explications.

Crédit photo : Tous droits réservés d.r.

Petites précisions à l’usage de ceux qui nous gouvernent et bradent la République en signant avec Doha des accords indécents.

Certains amis de Mondafrique.com, et d’autres qui le sont moins, trouvent étrange « qu’après une mise au point du Quai d’Orsay », mise au point vieille d’un an, nous revenions sur cet aval donné par la France à un établissement scolaire du Qatar, baptisé Voltaire où, néanmoins, on enseigne la charia.

Notre ami le Qatar

La gravité du choix de la France, dont la classe politique se goberge régulièrement au PSG et à Doha, mérite des explications. Surtout à l’heure où François Hollande prend la parole pour prêcher la « laïcité », un mot valise qui dans sa bouche ne veut rien dire. Si nous comprenons bien, une « laïcité » capable de faire bon ménage avec l’enseignement de l’islam le plus rétrograde et réactionnaire de la planète, un islam dans sa version Wahhabite (femmes bafouées, charia, mains coupées, peine de mort etc…)

Voici d’abord le communiqué du ministère des Affaires étrangères qui, le 28 janvier 2014, entend démentir la presse qui affirme que Paris a donné sa bénédiction au lycée de la charia :
« L’accord relatif au lycée Voltaire de Doha, qui a été signé aujourd’hui, ne porte ni sur les cours de religion ni sur les questions de mixité.
L’accord établit une relation contractuelle entre le lycée Voltaire et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Le premier s’engage à verser une contribution à l’agence, en échange de laquelle il bénéficiera, pour ses professeurs, de formation continue et de visites d’inspection. L’établissement va pouvoir se rapprocher des normes et des pratiques françaises. En signant l’accord, l’établissement s’engage notamment à respecter la « charte de l’enseignement français à l’étranger », qui se réfère aux principes de laïcité et de neutralité de l’éducation.
L’établissement, qui accueille des enfants de la maternelle à la sixième, est mixte. Toutes ses classes mêlent garçons et filles, conformément à l’esprit et à la pratique de l’éducation française.
S’il existe des cours de religion au lycée Voltaire de Doha, ils sont dispensés en dehors du programme scolaire officiel français, dans le temps périscolaire, comme cela se fait dans de nombreux pays. »

Mettons donc les points sur les « i ». Aucun livre de cours ne peut être admis dans le lycée sans l’aval d’un « comité » qui déclaré si l’ouvrage est « halal » ou pas. Ce qui, avouons-le, limite le champ des possibles.

D’ailleurs, le procureur général du Qatar, Ali Ben Fetis Al-Marri, champion de la dissimulation et du double langage, et président du lycée a « craché le morceau » en déclarant : « Il y a trois questions importantes pour les Qataris et les Arabes qui fréquentent cette école, ce sont l’enseignement de la charia islamique, de la langue arabe et de la séparation entre garçons et filles à partir d’un certain âge. Nos amis français se sont montrés compréhensifs car l’essentiel pour nous est d’avoir des Qataris francophones attachés à leur langue et leur religion ».

Voilà, c’est dit, « les français compréhensifs »… Qui sont-ils ? Ceux qui pourchassent des « djihadistes » en France mais qui ménagent leur sponsor de Doha.

Voltaire malmené

Comblé par l’accord franco-qatari, un diplomate français a même précisé : « Que cette coopération offre aux générations Qatariennes à venir une grande opportunité de maîtriser la langue française et sa civilisation sans pour autant renoncer à leur propre culture, leur propre histoire et leur propre religion. » Bon, l’important est de savoir qu’à l’avenir, nous n’allons pas manquer de spécialistes de Flaubert qui soient aussi de bons traducteurs de la charia et des nobles pensées du vénéré Al-Wahhab. D’ailleurs, ironie de l’histoire, le lycée Voltaire est, pour partie, construit dans le quartier Al-Wahhab, du nom du fondateur de la doctrine.

Bref, même si la fin de la mixité, base de l’éducation à la française, est programmée, pour 2020, Romain Nadal, un élégant du Quai d’Orsay, a cependant précisé que les cours de religion : « sont dispensés en dehors du programme scolaire officiel français, dans le temps périscolaire, comme cela se fait dans de nombreux pays », une pratique « parfaitement conforme à nos principes de laïcité ». Ouf. Voilà le prix à payer pour de putatives ventes de « Rafale », pour le prix des « conférences » et « forum » qui rémunèrent nombre d’élus français et en tête Villepin et Sarkozy.

En avalisant l’accord du lycée Voltaire, avec un pays sans droit ni comptabilité publique, classé 136e pays au monde au plan de la démocratie, la France n’a pas dit un mot en faveur du poète Al-Ajami, condamné à 15 ans de prison, ni une syllabe pour ces français illégalement et odieusement retenus prisonniers au Qatar.
Modestement Mondafrique.com conseille à ses amis du Quai d’Orsay de tout de suite mitonner un accord semblable avec la Corée du Nord. Il y a urgence.

2.

Ci-dessous, lire notre article publié hier, mercredi 4 février au sujet de l’enseignement au lycée franco-qatari Voltaire à Doha

LE LYCÉE FRANÇAIS DE DOHA ENSEIGNERA LA CHARIA

Le lycée français au Qatar n’est plus mixte et enseigne dorénavant la langue arabe et la religion musulmane. Tel est le contenu de l’accord bilatéral qui a été signé en présence de la ministre déléguée aux Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret, le 24 janvier dernier. Un an après, la France étant submergée par une vague de désir « laïque », il est permis de s’interroger sur ce surprenant quitus de la France à un enseignement religieux des plus strict....

Vous avez dit « compréhensifs » ?

« Il y a trois questions qui sont importantes pour les Qataris et les Arabes qui fréquentent cette école, et ce sont l’enseignement de la charia islamique, de la langue arabe et de la séparation entre garçons et filles à partir d’un certain âge », a déclaré le procureur général du Qatar et président du conseil d’administration de l’école, Ali ben Fetis Al-Marri à l’AFP. Rappelons que ce monsieur ne manque pas une occasion à Paris de proclamer son attachement à l’Islam d’Averroès et son admiration pour la France des lumières. Et ce tartuffe d’ajouter : « Nos amis français se sont montrés compréhensifs, car l’essentiel pour nous est d’avoir des Qataris francophones attachés à leur langue et leur religion ».

L’accord a donc formalisé l’enseignement obligatoire de la religion musulmane et la séparation des sexes débute à partir du secondaire. Précisons que cet établissement est placé sous la tutelle pédagogique du ministère français de l’Éducation nationale. Une administration que l’on imaginait assez peu disposée à enseigner la stricte observance de la charia...
Voltaire, réveille toi !

Ce compromis est intervenu pour mettre un terme « à certains problèmes » autour de cet établissement qui a été déjà au cœur de plusieurs polémiques. Le feuilleton Voltaire ne date pas d’aujourd’hui et les intérêts de la France ont été à nouveau piétinés.

D’abord, en 2011, la mission laïque française, qui gérait le lycée Voltaire avait été accusée de détournement de fonds. Ensuite en 2012, l’ancien proviseur de ce même établissement, Franck Choinard, avait dû quitter son poste précipitamment à la suite d’une plainte pour « attitude anti-musulmane ». En réalité, Doha sabote le fonctionnement de ce lycée en raison d’un conflit sur le contenu des programmes enseignés jugés « non conforme à l’islam ». À l’époque, le Qatar exerçait une pression pour faire modifier les programmes des livres de sciences naturelles et d’histoire traitant ouvertement du corps féminin de la chrétienté au moyen âge.

La laïcité cantonnée au péri-scolaire

Début février, le porte-parole de la diplomatie française, Romain Nadal a tenté tout de même de minimiser les retombées de cette décision : « les cours de religion sont dispensés en dehors du programme scolaire officiel français, sur le temps périscolaire », une pratique qui serait « parfaitement conforme à nos principes de laïcité ».

Créé en 2007, le lycée Voltaire est un établissement de droit privé qui scolarise près de 1 000 élèves - dont 40% de Qataris - de la maternelle au collège. Toute sa gestion est maintenant assurée par le Qatar.