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Tunisie - Attaque meurtrière au Bardo

mercredi 18 mars 2015, par siawi3

Tunisie - Attaque meurtrière au Bardo : « Nous nous sommes échappés par la porte de derrière »
Source : HuffPost Tunisie/AFP
Publication : 18/03/2015 18h26 CET Mis àjour : Il y a 1 heure

19 personnes, dont 17 touristes étrangers, ont été tuées mercredi en plein Tunis dans une attaque d’hommes armés contre le musée du Bardo, la première àviser des étrangers depuis la révolution tunisienne.
« L’opération est terminée », a annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui, vers 16h, soit environ quatre heures après le début de la crise
« 19 morts, dont 17 touristes de nationalités polonaise, italienne, allemande et espagnole », a déclaré le Premier ministre, Habib Essid. Les deux autres victimes tunisiennes sont un policier et un civil tandis que deux assaillants ont été tués.
Attaque au Bardo, suivez les évènements en direct
Le ministre de la Santé, Saïd Aïdi, a fait état de 38 blessés, notamment des ressortissants de France, d’Afrique du Sud, de Pologne, d’Italie et du Japon. Une source diplomatique française àBruxelles a fait état de quatre Français blessés.
Les assaillants, vêtus d’uniformes militaires, ont ouvert le feu sur les touristes alors que ces derniers descendaient de leurs bus puis ils les ont pourchassés àl’intérieur, a relaté Habib Essid. Il n’a pas fait état de prise d’otages.
Une centaine de touristes se trouvaient au musée lorsque « deux hommes ou plus, armés de Kalachnikov » l’ont attaqué.
Une employée du musée, visiblement paniquée, a témoigné avoir entendu des « tirs intensifs » « aux alentours de midi. »Mes collègues ont crié : ’fuis, fuis, il y a des tirs’« , a déclaré àl’AFP Dhouha Belhaj Alaya. »Nous nous sommes échappés par la porte de derrière avec des collègues et des touristes« . »Enorme" panique
Dans le Parlement, mitoyen du musée, la « panique » était « Ã©norme » lorsque les coups de feu ont retenti, a relaté la députée Sayida Ounissi sur Twitter. La fusillade est intervenue « en pleine audition des forces armées sur la loi antiterroriste », en présence notamment du « ministre de la Justice, de juges et de plusieurs cadres de l’armée », selon elle. Les travaux ont ensuite été suspendus.
Le ministère italien des Affaires étrangères, cité par les agences italiennes, a indiqué que deux Italiens avaient été blessés et une centaine mis en sécurité par les forces de l’ordre. Certains touristes présents voyageaient avec le croisiériste Costa (groupe Carnival), dont un bateau faisait escale dans le port de Tunis.
Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, s’est rendu àl’hôpital Charles Nicole de Tunis où ont été transportés les blessés, selon une journaliste de l’AFP.
« Les autorités ont pris toutes les mesures pour que de telles choses n’arrivent plus », a-t-il ensuite déclaré àl’AFP.
Cette attaque « vise notre économie », a déclaré Mohsen Marzouk, le conseiller politique du président, en faisant allusion àl’importance du secteur du tourisme pour la Tunisie. « Mais il ne faut pas que nous laissions ce coup nous affecter. Et je suis sà»r que le monde gardera sa confiance en nous », a-t-il ajouté.
Depuis la révolution de janvier 2011, qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu émerger une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires, selon les autorités.
Liée au réseau Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafaâ est considérée comme le principal groupe jihadiste de Tunisie, actif dans la région du mont Chaambi, àla frontière avec l’Algérie.
De 2.000 à3.000 Tunisiens combattraient par ailleurs dans les rangs des jihadistes àl’étranger, en Syrie, en Irak et en Libye. Cinq cents autres jihadistes tunisiens sont pour leur part rentrés au pays, selon la police, et sont considérés comme une des plus grandes menaces pour la sécurité du pays.
Des Tunisiens combattant avec le groupe Etat islamique (EI), très actif en Syrie et en Irak, ont par ailleurs menacé leur patrie ces derniers mois et revendiqué les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
En avril 2002, un attentat suicide contre une synagogue àDjerba (sud) avait fait 16 morts étrangers - 14 Allemands et deux Français - ainsi que cinq Tunisiens. En juin, le porte-parole d’Al-Qaïda avait revendiqué l’attentat.