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Israel : Netanyahou vainqueur : les 5 menaces qui pèsent sur Israël

vendredi 20 mars 2015, par siawi3

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150318.OBS4888/netanyahou-vainqueur-les-5-menaces-qui-pesent-sur-israel.html

Par Christophe Boltanski

Publié le 18-03-2015 à 18h52

Deux hommes, deux campagnes. Pour conquérir l’électorat israélien, le leader travailliste, Isaac Herzog, avait tout misé sur le social. Son rival de droite, Benyamin Netanyahou, avait lui joué une partition qu’il connaît bien, celle de la sécurité et de la peur, son corollaire. Avec succès. Donné battu par les sondages, il est sorti grand vainqueur du scrutin.
Mais en le reconduisant à la tête du gouvernement, Israël sera-t-il plus sûr ? Tout laisse penser le contraire. Avec sa victoire obtenue au prix d’un durcissement de son discours afin de rallier les voix des colons, les perspectives de paix s’éloignent davantage encore. Revue des différentes menaces qui attendent l’Etat hébreu et son premier ministre.
1
On pourrait assister à la fin d’Oslo
A l’issue de la campagne, Benyamin Netanyahou a ruiné toute chance de relance d’un processus de paix déjà moribond en annonçant que s’il était réélu, il n’y aurait pas d’Etat palestinien. Il a exclu aussi un gel de la colonisation ou un compromis sur Jérusalem. On voit mal dans ces conditions comment des pourparlers pourraient reprendre. En l’absence de dialogue, la rupture entre les deux parties semble consommée.
L’OLP menace de mettre fin à sa coopération sécuritaire avec Israël. Il s’agit d’une mesure clé des accords d’Oslo qui a permis de déjouer des dizaines attentats. Son arrêt obligerait Tsahal à reprendre de facto le contrôle des villes autonomes de Cisjordanie. Les Palestiniens ont aussi l’intention de poursuivre devant la Cour pénale internationale des dirigeants israéliens pour crime de guerre. De son côté, l’Etat hébreu ne leur reversent plus les taxes qu’il collecte pour leur compte. Résultat : l’Autorité palestinienne est au bord de la faillite et n’a pas payé ses fonctionnaires depuis trois mois.
2
Gaza risque une fois de plus de s’embraser
En six ans de mandats, Benyamin Netanyahou a mené deux guerres à Gaza. Va-t-il en livrer une troisième ? Tony Blair, l’émissaire du Quartette pour le Proche-Orient (qui regroupe les Nations unies, l’Union européenne, les Etats-Unis et la Russie), a récemment mis en garde contre « une nouvelle catastrophe » dans la bande de Gaza.
Si on la laisse dans son état actuel, on aura une nouvelle éruption de violence.« Depuis la guerre de l’été dernier, qui a fait plus de 2.140 morts côté palestinien, dont une majorité de civils, près de 100.000 personnes sont sans logement. Le Hamas qui vient d’être reconnu par l’Egypte comme une »organisation terroriste" est plus que jamais acculé et pourrait être tenté par une reprise des hostilités. Pour rompre son isolement, le mouvement islamiste palestinien s’est également rapproché ces derniers mois de l’Iran avec qui il était brouillé depuis la révolution syrienne.
3
Des relations dégradées avec les Etats-Unis et l’Europe
Jamais dans l’histoire récente, les relations n’ont été aussi mauvaises entre l’administration américaine et les dirigeants israéliens. Lors de son dernier passage à Washington, Benyamin Netanyahou a été invité par le Congrès à majorité républicaine, mais ostensiblement boudé par la Maison Blanche. Un mois plus tôt, comme pour mieux indiquer où va sa préférence, le vice-président américain Joe Biden s’était entretenu avec le candidat travailliste Isaac Herzog.
Les responsables américains ne cachent plus leur agacement face aux sorties de « Bibi » sur l’Iran et l’inflexibilité dont il fait preuve à l’égard des Palestiniens. Conséquence : Benyamin Netanyahou est tenu à l’écart par son grand allié des négociations sur le nucléaire iranien pourtant vitale pour son pays. Il ne peut espérer peser sur le cours des pourparlers que par l’intermédiaire de ses alliés républicains à la Chambre et au Sénat. Au risque de se couper un peu plus du président Barack Obama.
Les rapports avec l’Europe se sont également distendus sous son règne. La Suède a reconnu la Palestine en tant qu’Etat. Les Parlements britannique, irlandais et français ont appelé leur gouvernement respectif à faire de même. Les hommes d’affaires israéliens sont, surtout, de plus en plus préoccupés par les appels au boycott et à des sanctions lancés un peu partout, qui pourraient avoir des conséquences économiques sérieuses pour le pays.
4
Une crise avec les Arabes israéliens
Avec 14 sièges, la liste des Arabes israéliens, unie pour la première fois, arrive en troisième position derrière le Likoud et le camp sioniste. Les Arabes se sont d’autant plus mobilisés qu’ils se disent victimes d’une discrimination croissante. Ils dénoncent notamment plusieurs législations adoptées par le parlement sortant. En particulier, un projet de loi fondamentale visant à renforcer le caractère juif de l’Etat.
Alors que la déclaration d’indépendance définissait Israël comme un Etat « juif et démocratique », le nouveau texte, soutenu par Benyamin Netanyahou et déjà voté en première lecture, ne mentionne que « l’Etat national du peuple juif » sans référence à l’égalité de tous ses citoyens. Son adoption par la Knesset ne manquerait pas de provoquer des troubles avec une communauté qui rassemble un Israélien sur cinq.
5
Un Hezbollah de plus en plus puissant
Les combattants chiites constituent aujourd’hui la plus grande menace pour l’Etat hébreu. Ils disposeraient d’un arsenal de plus de 100.000 missiles capables d’atteindre l’ensemble du territoire israélien. Le système de défense actuel, Dôme d’acier, qui a montré son efficacité durant l’été contre les roquettes du Hamas, ne pourrait pas répondre à des milliers de fusées tirées dans la même journée.
Autre préoccupation : le Hezbollah pourrait ouvrir un second front sur le Golan, le long de la frontière syrienne. Ses miliciens sont de plus en plus présents au pied du mont Hermon et ont déjà mené quelques attaques contre Tsahal ces derniers mois. Un danger pris très au sérieux par l’establishment militaire israélien. A titre d’avertissement, l’un des chefs militaires du Hezbollah, Jihad Moughnieh, a été tué par une frappe israélienne avec un général iranien, au cours d’une tournée d’inspection sur le Golan, le 18 janvier dernier.
Christophe Boltanski