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Tunisie : Les touristes, qui étaient « clairement visés » selon le conservateur du musée du Bardo, témoignent de la violence de l’attaque...

jeudi 19 mars 2015, par siawi3

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1566207-20150319-attaque-terroriste-tunis-accroupie-bras-tete-quand-touchee

MONDE Les touristes, qui étaient « clairement visés » selon le conservateur du musée du Bardo, témoignent de la violence de l’attaque...
Attaque terroriste à Tunis : « J’étais accroupie les bras sur la tête, mais j’ai quand même été touchée »

Photo : Des touristes sont évacués par les forces spéciales tunisiennes après l’attaque contre le musée du Bardo, à Tunis, le 18 mars 2015 - SALAH HABIBI / AFP

M. C. et N. Beu.

Publié le 19.03.2015 à 06:00
Mis à jour le 19.03.2015 à 09:21

Ils racontent les coups de feu, puis l’horreur et la peur. Au terme de l’attaque au musée du Bardo de Tunis, qui a fait 19 victimes dont deux Français et 44 blessés selon un bilan provisoire, les survivants ont commencé à raconter ce qu’ils ont vécu mercredi. Un récit glaçant de quatre heures.
Les événements de la journée de mercredi en direct
Qui sont les victimes ?
Ce que l’on sait de l’attaque
Il est environ midi quand deux hommes pénètrent dans le musée par la porte principale. De leur sac, ils sortent alors deux fusils-mitrailleurs et commencent à tirer. Walid, guide touristique à Tunis, est là. « J’ai vu quelqu’un armé tirer à bout pourtant sur tout ce qui bouge, pas uniquement les touristes [...] Il fallait soit le regarder de face et mourir, soit courir et s’abriter. On avait peur de rester à l’intérieur et qu’il nous finisse [sic] si on restait sans bouger. J’avais en charge des clients que j’ai dû mettre à l’abri, c’est tout. Peut-être une centaine de personnes », raconte-t-il à RTL. Connaissant bien le musée, il parvient à trouver une issue de secours et faire sortir des visiteurs.
« Ils n’ont prononcé aucun mot »
D’autres n’ont pas cette chance. Les assaillants tiraient « dans tous les sens, sur tout et n’importe quoi, témoigne Marilyne, une touriste française, sur BFMTV. Il y a eu plusieurs détonations et à chaque fois, on était obligés de faire les morts. D’ailleurs, moi-même je me suis badigeonnée de sang pour éviter qu’on me tire dessus. » « Je suis resté allongé par terre presque trois heures », dit quant à lui Josep Lluis Cusido, un touriste espagnol. « J’étais accroupie les bras sur la tête, mais j’ai quand même été touchée à l’oreille, à la main et au cou », raconte enfin Noriko Yuki, une touriste japonaise de 35 ans qui visitait le musée avec sa mère, à la télévision nipponne NHK.
« Les terroristes ont clairement visé les touristes », estime pour sa part Taher Ghalia, le conservateur en chef du musée national du Bardo, interviewé par Le Parisien. « Ils n’ont prononcé aucun mot et n’ont pas porté atteinte aux œuvres. Ils étaient là pour tuer, froidement. » Selon un journaliste de l’AFP sur place, l’un des autocars à bord desquels les touristes sont arrivés était criblé de balles.
Une longue attente
Dans d’autres coins du musée, les visiteurs tentent de se mettre à l’abri. Quand ils ont entendu des coups de feu, « le guide a d’abord dit : « Ce n’est rien », raconte un touriste belge auprès de la télévision flamande VRT. Mais immédiatement après, il y a eu d’autres coups de feu, plus proches, poursuit-il. Quelqu’un du musée est entré dans la salle et a fermé à clé la porte. On nous a dit de rester au sol. » « Au début, on croyait qu’une statue s’était renversée, explique de son côté Marie-Josée, une touriste française, à RTL. On a entendu des cris et au fur et à mesure, on s’est rendu compte que c’étaient des coups de feu (...) On ne savait pas ce que l’on devait faire. » La suite est une longue attente.
Réfugiée dans une salle du musée, Géraldine, une touriste française, témoigne en direct sur iTélé : « Nous sommes une quarantaine, ça continue à tirer... On est un peu paniqués, on entend beaucoup de bruit. » « On a peur qu’ils viennent d’un coup et qu’ils nous tuent. C’est très impressionnant », dit une autre touriste, Fabienne, sur BFMTV.
Quatre heures après le début de la fusillade, les derniers visiteurs qui ont échappé aux terroristes sont enfin libérés par la police. Les blessés sont hospitalisés, les autres pris en charge. « Dans le bus, assise à côté de moi, il y avait une fille chinoise dont la sœur venait juste de se faire tirer dans la tête, raconte la même touriste belge à VRT. Une autre dame a dit que son mari avait reçu une balle dans un genou. C’est seulement après que tu réalises ce dont tu as réchappé. »