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Les indignations sélectives de l’Eglise de France

vendredi 2 octobre 2015, par siawi3

Source : http://www.liberation.fr/politiques/2015/10/01/indignations-selectives-de-l-eglise_1395276

Par Bernadette Sauvaget,
journaliste au service France
1 octobre 2015 à19:46

Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, et bien silencieux sur les sujets embarrassants. Photo Pascal Pavani. AFP
Silencieux sur de nombreux sujets, l’épiscopat français vient de donner de la voix sur l’avortement.

Les indignations sélectives de l’Eglise de France

Comme l’armée, l’Eglise catholique sait être muette. Surtout en France, ces derniers temps. Quand elle le veut, elle sait aussi crier ses indignations, au demeurant bien sélectives. Et trier dans les citations du pape François. Elle vient d’en faire la brillante démonstration. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait àpeine lancé son plan, lundi, pour faciliter aux femmes l’accès àl’IVG grâce àun numéro vert national (0800 08 11 11), que le secrétaire général de l’épiscopat, le père Olivier Ribadeau-Dumas dégainait un communiqué pour rappeler la doctrine catholique, fermement opposée àl’avortement.

Si l’assaut a été immédiat, il a été mené par un sous-fifre. Depuis des mois, Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, réputé ouvert et très social, celui donc que l’on devrait entendre, observe un pieux silence sur tous les sujets qui pourraient être embarrassants. Le grand muet, c’est lui… Ce fut dramatiquement le cas lors de la piteuse affaire de l’université d’été du diocèse de Toulon-Fréjus, quand l’évêque local, le très conservateur Dominique Rey, a convié l’étoile montante du Front national, Marion Maréchal-Le Pen, rompant les digues du refus catholique de s’acoquiner avec ce parti. Rien ne vint alors de Marseille et de la bouche de Georges Pontier. Ni d’ailleurs. Le silence coupable des évêques valait absolution. Un retour aux temps noirs des pires compromissions ? Par faiblesse ? Par peur ? Celle de s’attirer les foudres d’une aile conservatrice qui ne se retient plus depuis les succès de la Manif pour tous, tenant en otage ce qui reste de catholicisme d’ouverture et des évêques timorés ?

Condamner l’avortement ne mange pas de pain. Et l’exercice est facile. Cela ne risque guère de froisser dans les rangs catholiques. L’exercice autorise même àse laisser aller au mépris et àune condescendance choquante. Comment peut-on écrire, comme c’est le cas dans le communiqué de l’épiscopat, qu’il y a « l’impérieuse nécessité de ne pas considérer l’avortement comme une anecdote de la vie » ? L’épiscopat croit-il sérieusement qu’une femme avorte avec légèreté ? Croit-il vraiment que l’exercice de son droit àla liberté de conscience équivaut obligatoirement àde l’irresponsabilité et àde l’insensibilité ? Pour étayer son propos, le secrétaire général de l’épiscopat appelle àla rescousse François et cite le passage de son encyclique sur l’écologie, où il condamne l’avortement. Mais il passe commodément sous silence sa décision historique de permettre aux prêtres de pardonner, en confession, les femmes qui ont avorté. Il vaut mieux avoir affaire au Bon Dieu qu’àses saints !