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France : La militante laïque Floriane Gouget à nouveau ciblée et menacée sur Twitter

mardi 13 avril 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/la-militante-laique-floriane-gouget-a-nouveau-ciblee-sur-twitter?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210413&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D


La militante laïque Floriane Gouget à nouveau ciblée et menacée sur Twitter
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Cyberharcèlement

Par Vincent Geny

Publié le 12/04/2021 à 19:08

« La situation quitte le virtuel pour le réel », s’inquiète Floriane Gouget. À seulement 18 ans, la militante laïque, cofondatrice de l’association Dernier Espoir, est régulièrement insultée, harcelée et menacée sur les réseaux sociaux. Son crime ? Être fièrement engagée en faveur de la laïcité et mettre régulièrement en valeur les caricatures de Charlie Hebdo. Mais alors que les messages de haine contre elle sont devenus une habitude, la tension a franchi un cap ce 11 avril avec le partage de son adresse personnelle sur Twitter.

Video ici

Jetée en pâture sur Internet

Dimanche soir, Floriane apprend que son compte Twitter fait l’objet de tentatives de connexions. Lorsqu’elle essaye d’y accéder, « le mot de passe ne fonctionnait plus et même le numéro de téléphone a été changé, m’empêchant de modifier les identifiants », raconte-t-elle.

Quand elle se rend sur son profil avec le compte d’une amie, Floriane est fixée ? : « Ma bio a été modifiée, affichant « hacké par @eapy » ». En se rendant sur le profil de ce compte suivi par plus de 11 000 personnes, la jeune femme voit un tweet avec l’ancienne adresse de ses parents, qui ont déménagé il y a peu. Dans ce message, le hacker invite ses abonnés à en profiter pour « passer des commandes ».

Une quinzaine de minutes plus tard, le compte Twitter publie un nouveau message. Cette fois-ci, c’est carrément le numéro de téléphone, l’adresse ainsi que la porte de son appartement qui sont jetés en pâture. En plus de son compte Twitter, le hacker a également modifié ses identifiants valables pour d’autres sites comme Leboncoin, JustEat ou encore Darty. C’est d’ailleurs en fouillant dans ses commandes que sa véritable adresse est sortie.

Cinquante plaintes

Pour Floriane, la menace s’aggrave. « Les commentaires appelant à venir me chercher, me frapper, ont directement afflué » s’inquiète-t-elle. Parmi eux, un internaute félicite un de ses amis « gg [bravo] t passé devant ». « Ce matin, au lieu de fumer sur mon balcon, je suis resté à l’abri derrière le volet à cause de ça » explique celle qui refuse malgré tout de « vivre ainsi ».

Ce lundi 12 avril, Floriane a porté plainte pour « atteinte à la vie privée ». La peine encourue est d’un an de prison et 45 000 euros d’amende. Depuis octobre 2020, il s’agit au moins de la cinquantième. Elle avait déjà appelé la police dans la nuit pour raconter ces nouvelles mésaventures. « Le policier que j’ai eu était justement sur mon dossier, explique-t-elle. Ils m’ont dit de ne pas hésiter à les contacter au moindre signe suspect et que mon cas était traité avec le plus grand des sérieux. Si même eux le disent, il faut également que je prenne ça avec sérieux ».

Au commissariat, le policier lui a conseillé de laisser sa géolocalisation constamment activée. Mais pour la jeune femme, « étant hackée, j’ai peur que des personnes mal intentionnées puissent aussi y avoir accès ».

Cible principale

Vice-présidente de l’association Dernier Espoir, Floriane est la seule à être à ce point visée. Elle reconnaît publier des messages « un peu plus belliqueux que les autres membres ». Pour autant, Mathys Dupuis, président de l’association, a également droit à des messages d’insulte et de menace. « La semaine dernière, quelqu’un a également tenté de pirater mon compte mais j’ai pu garder la main et éviter que ça aboutisse », explique le jeune homme de 20 ans.

Ce dernier est particulièrement inquiet de la situation. « On a la sensation que les choses empirent, que l’on perd totalement le contrôle malgré la réactivité des forces de police », déplore Mathys. Pour lui, si Floriane est visée, c’est également car c’est « elle qui apparaît sur la plupart des vidéos ».

L’inquiétude gagne les rangs de l’association. « On sent un poids, les membres sont inquiets de ce qui peut leur arriver. J’essaye leur parler à tous, de les rassurer, de les écouter mais en tant que président, j’ai une responsabilité. S’il leur arrive quelque chose, je m’en voudrais toute ma vie », explique Mathys, qui affirme ne plus sortir de chez lui sans avoir composé le 17 sur son clavier pour se tenir prêt à déclencher l’appel au cas où. « Émotionnellement, c’est très dur », conclut-il.

À LIRE AUSSI : « Dernier Espoir » : une association pro laïcité harcelée et menacée

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Source : https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/dernier-espoir-une-association-pro-laicite-harcelee-et-menacee


« Dernier Espoir » : une association pro laïcité harcelée et menacée

Soutien à Mila

Par Vincent Geny

Publié le 26/03/2021 à 16:35

Une jeune association laïque est victime de harcèlement et de menaces sur Internet. Baptisée ’Dernier Espoir’, elle a notamment organisé un concours de caricature fin octobre 2020 et défendu publiquement Mila. L’organisation a également publié une tribune dans « Marianne » pour défendre la jeune femme.

« J’ai envie de lui arracher la tête », « grosse dinde », « nique ta mère »… Voici les messages reçus par l’association pro-laïcité « Dernier Espoir », le dimanche 14 mars 2021. En cause, une vidéo dans laquelle Floriane Gouget, vice-présidente, prend la défense de la jeune Mila, elle-même cyber harcelée, après la suspension de son compte par Twitter le même jour.

Floriane vient d’ailleurs, ce vendredi 26 mars, de subir la même mésaventure d’après une information du Point. Dans une capture d’écran publiée par le compte de l’association, Twitter évoque une infraction aux règles relatives à « l’image haineuse ». Sur sa photo de profil, Floriane tenait la une de Charlie Hebdo « Tout ça pour ça » qui compile les caricatures qui ont déclenché les foudres des islamistes. « Ce qui me révolte c’est qu’au final, Twitter me reproche la même chose que les terroristes reprochaient à Charlie » s’insurge-t-elle auprès de Marianne.

Vagues de harcèlement

À 18 ans, la jeune femme a déjà été prise pour cible plusieurs fois. « C’est par vague, la première était en novembre j’ai été harcelée après avoir défendu Mila » explique Floriane. Et parfois, ces insultes font place à des menaces à peines voilées, lui annonçant qu’elle « va mal finir ». Rebelote en janvier, toujours pour sa défense de Mila. « Cette fois, on a tronqué et détourné certains de mes messages pour me faire passer pour une raciste. Avec l’affaire Samuel Paty, on sait à quel point cela peut-être dangereux » déplore-t-elle.

Malgré ces attaques répétées, la jeune femme ne se démonte pas. Le mercredi 17 mars 2021, l’association fait parvenir à Marianne une tribune intitulée « La soi-disant islamophobie dont est accusée Mila n’est rien d’autre qu’une accusation de blasphème ». L’article est signé « Dernier Espoir », du nom de l’association laïque, dont Mila fait également partie.

« On a le droit de dire qu’on la soutient. En République, l’islam est une idée comme une autre que l’on peut critiquer et même railler. En revanche, j’ai toujours fait attention à ne pas m’en prendre aux musulmans » nuance-t-elle. Depuis la publication de la tribune, Floriane raconte avoir fait l’expérience « d’un peu plus d’attaques personnelles et de menaces ». Au total, elle aurait déposé une trentaine de plaintes depuis le début des attaques.

Association humaniste

« S’exprimer en faveur de la République et de la laïcité est devenu un motif de menace de mort » déplore Mathys Dupuis, 20 ans et président de « Dernier Espoir ». Fondée en octobre 2020, l’association ne s’intéresse pas seulement aux questions laïques. « Au départ, je songeais à aider les personnes en situation de handicap mais finalement, nous avons souhaité regrouper toutes les luttes humanistes » explique Mathys qui veut aussi s’impliquer sur les questions écologiques. Issus tous les deux du Mouuvement National Lycée (MNL), les deux jeunes sont partis d’un constat : « On s’est rendu compte qu’aucune association ne promouvait les principes républicains et la lutte humaniste » affirme le lycéen de Terminale.

Jeunes et engagés

Le président de « Dernier Espoir » évoque une enfance compliquée, entre handicap physique et placement en foyer de 3 à 10 ans. « J’ai beaucoup lu, je me suis intéressé à ce qui m’entoure puis je me suis lancé aux municipales dès mes 18 ans sur la liste Aimer Angers[mouvement local de gauche ; N.D.L.R.]. » raconte le jeune homme. Il voue une admiration sans limite à Charb ainsi qu’au reste de la rédaction de Charlie Hebdo. « J’ai même « Urgence de Vivre » de Patrick Pelloux qui dépasse de mon sac en cet instant. »

Floriane, elle, avait 12 ans lors de l’attentat qui vise Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. « J’ai compris que des gens étaient morts pour des dessins. Quand je suis rentrée de la manifestation avec mes parents, j’étais tellement marquée que j’ai voulu dessiner à la place de la rédaction de Charlie qui ne pouvait plus » se remémore-t-elle. « Par la suite, j’ai opéré un travail de recherche personnel, je me suis intéressée à l’histoire des caricatures, à l’islamisme, je pense que Zineb El Rhazoui est celle qui m’a le plus inspirée pour mon combat laïque » affirme la jeune femme qui a lu tous ses livres.

Une asso récente mais déterminée

Les statuts de Dernier Espoir n’ont pas encore été validés, ce qui en fait une association en attente. Pour autant, ils ont tenu à lancer une première action le 30 octobre 2020 avec un concours de caricature sur le thème « Liberté d’expression et laïcité ».

« Beaucoup de nos modèles ont accepté de soutenir ce concours, comme Patrick Pelloux ou encore Zineb El Rhazoui. C’est une fierté pour nous » raconte Mathys. « Le but était d’ouvrir le dialogue, nous avons tenu à ce que toutes les religions puissent être caricaturées par esprit d’ouverture. l’idée est venue le soir de l’assassinat de Samuel Paty, il fallait montrer que nous avons le droit, en France, de caricaturer » explique Floriane. Message transmis aux modérateurs de Twitter.

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