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Algérie : Le “qui tue qui”, un crime !

jeudi 15 avril 2021, par siawi3

Source : https://www.liberte-algerie.com/contrechamp/le-qui-tue-qui-un-crime-5427

CONTRECHAMP / ACTUALITÉS

Le “qui tue qui”, un crime

Mustapha HAMMOUCHE

le 09-03-2021 10:30

Des démocrates se sont offusqués de voir les noms de Matoub et de Hachani associés dans un même slogan (“Chkoun ktal Hachani ou Matoub ?”) dans les marches du Hirak, à Alger.

Bien sûr, de leur vivant, ce voisinage n’aurait jamais été possible : le premier ne supportant sûrement pas la mitoyenneté, même symbolique, d’un impie qui “n’était pas arabe” et ne se sentait pas “obligé d’être musulman” et le second n’aurait sûrement pas souffert la compagnie de l’un des chefs de ceux qui ont “tué (“nghant”) Djaout, Tigziri, Smaïl (Yefsah), Lyabes, Flici, Boucebsi et tant d’autres”… Comme il le chante lui-même, sans émettre aucun doute sur l’identité de leurs assassins.

Alors, comment se fait-il qu’une telle association, entre le spectre de celui qui prônait la mort — “le FIS pourrait se retourner en SIF”, c’est-à-dire en sabre, menaçait-il dans un meeting de son parti — et la mémoire de celui qui chantait le droit de vivre et la liberté d’être, soit devenue possible ?
Pour retrouver le processus de formation du diabolique amalgame, il faudrait peut-être chercher à qui profite ce mélange des genres.
Certainement pas à Matoub, ni à ceux qui partagent ses causes et ses convictions. Celles-ci sont gravées dans son œuvre et dans le souvenir de ses luttes.

En revanche, l’islamisme trouverait un réel avantage à se confondre avec ses victimes. Après avoir été militairement vaincue par la lutte anti-terroriste et les sacrifices des forces de sécurité et des Patriotes, l’idéologie du terrorisme s’est vu offrir une providentielle victoire politique — et une réhabilitation morale ! — à travers la réconciliation nationale. En concédant l’impunité aux terroristes, le pouvoir a voulu enterrer, concomitamment, ses propres forfaits. Pour cela, il fallait décréter que nul n’a à rendre des comptes. Et que, conséquemment, les victimes seront privées de vérité et de justice. Tout est jeté avec l’eau du bain !
Or, l’impunité ne suffit pas aux islamistes ; pour s’assurer un nouveau départ vers la conquête “démocratique” des institutions, il leur fallait qu’après le blanchiment par le pouvoir politique, la société les lave, à son tour, de leurs crimes barbares, qu’ils soient socialement réhabilités dans leur “innocence” !
Le “qui tue qui” les a accompagnés depuis le début de leur long de sanglant parcours. Son soutien consiste à en démentir leur responsabilité… même dans les crimes qu’ils revendiquent ! Il continue dans son soutien à leur “innocence”.
Cela pour charger un pouvoir qui a lui-même avoué les dépassements de ses agents en inscrivant leur prescription, en même temps que les crimes terroristes, dans la “charte pour la réconciliation nationale”.

On devine qu’il s’agit, chez les “qui tue qui”, d’accabler l’autorité militaire ou le pouvoir en général pour affaiblir le régime ou pour en obtenir on ne sait quelles concessions. Mais vaut-il la peine, pour cela, de laver les islamistes de leurs meurtres, de se rendre ainsi coupable de révisionnisme historique anticipé ? Et de donner l’occasion aux terroristes d’associer un des fantômes de leur génocide à l’esprit d’un des plus grands militants de la dignité ?

Le révisionnisme en Histoire est un crime. Le “qui tue qui”, en ce qu’il tente de dissimuler un crime à l’Histoire, est aussi un crime.

M. H.