Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > Iran : de procureur à président, l’ascension fulgurante et sanglante d’Ebrahim (...)

Iran : de procureur à président, l’ascension fulgurante et sanglante d’Ebrahim Raïssi

dimanche 20 juin 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/monde/proche-orient/iran-de-procureur-a-president-lascension-fulgurante-et-sanglante-debrahim-raissi?utm_source=nl_weekend&utm_medium=email&utm_campaign=20210620&xtor=EPR-2&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Iran : de procureur à président, l’ascension fulgurante et sanglante d’Ebrahim Raïssi

Présidentielle iranienne

Par Behrooz Assadian

Publié le 19/06/2021 à 10:23

Le nouveau président iranien porte le turban noir, la barbe fournie et le regard froid des deux clercs chiites symboles de la République islamique : l’ayatollah Khomeiny qui l’a fondée en 1979, et l’ayatollah Khamenei, qui la guide depuis 1989. La comparaison ne s’arrête pas là, ils ont la même descendance, le même parcours académique et surtout les mêmes ambitions.

Toujours dans l’ombre des Guides suprêmes, Raïssi gravit les échelons du pouvoir au sein des instances non-élues de la République islamique d’Iran. Sa première responsabilité ? Procureur de la République dans la ville de Karaj. Il n’a que 21 ans. Sept ans plus tard, devenu procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran, il reçoit un ordre direct de l’ayatollah Khomeiny. « Une mission » avait précisé ce dernier. Il fallait « s’occuper des dossiers restés en attente au sein du Haut Conseil juridique » peut-on lire dans la lettre que l’ayatollah lui avait adressée.

Ainsi naît en 1988 « la commission de la mort ». Composée de quatre individus dont Raïssi, elle est chargée de juger les opposants. « Au moins 4 ?500 à 5 ?000 prisonniers seront exécutés et enterrés dans des fosses communes, décrypte Esfandiar Aban, chercheur au Centre pour les droits de l’Homme en Iran. La commission envoie aux échafauds tous ceux qu’elle considère comme ‘non loyaux’ envers la République islamique. Alors que ces prisonniers avaient déjà été jugés et purgeaient leurs peines de prison. »

Figure sanglante du régime

Après la mort de Khomeiny, Raïssi, élève d’Ali Khamenei au séminaire, rejoint le cercle fermé des proches du nouveau Guide suprême, et poursuit son ascension fulgurante. Il occupe les plus hautes responsabilités au sein de l’appareil judiciaire du pays et joue un rôle décisif dans la répression des mouvements protestataires, notamment en 2009 après l’élection controversée d’Ahmadinejad ou encore plus récemment durant les émeutes de 2019.

À LIRE AUSSI : « La société civile iranienne est aujourd’hui sensible à la condition féminine »

Sa vision rigoriste de la charia et son rôle assumé dans la répression des dissidents lui ont valu le soutien du clergé ultraconservateur et des partisans de la ligne dure, notamment certains généraux des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime. Quant à l’ayatollah Khamenei, confronté aux crises internes et externes, il a vraisemblablement souhaité que le prochain visage de la République islamique soit ancré dans ses racines conservatrices, quitte à ce qu’il soit directement lié à l’un des chapitres les plus sombres de son histoire.

La CPI en toile de fond ?

Ebrahim Raïssi est soumis à des sanctions américaines pour son rôle dans la répression du peuple iranien. Un groupe d’experts de l’ONU a récemment estimé que les exécutions de 1988 pouvaient relever de « crimes contre l’humanité ». « Durant des années, les gouvernements successifs ont refusé de reconnaître, face à la communauté internationale, les violations des droits de l’Homme en Iran, prétextant la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice reprend Esfandiar Aban avant d’ajouter, Maintenant que le Président iranien est un homme qui a passé quarante ans de sa vie au coeur du système juridique du pays, qui a soutenu et causé la répression brutale et la mort de milliers d’hommes et de femmes, la communauté internationale doit réagir et le mettre face à ses responsabilités. »

À LIRE AUSSI : Présidentielle iranienne : un accord sur le nucléaire pour soulager la classe moyenne ?