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L’alarmante avancée de l’État islamique en Afrique

samedi 31 juillet 2021, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/terrorisme/etat-islamique/afrique-l-etat-islamique-progresse-vers-le-centre-et-le-sud-db2ce49e-ef9c-11eb-b392-b52b571b94f4


L’alarmante avancée de l’État islamique en Afrique

L’Onu alerte sur l’expansion des insurrections djihadistes, notamment en République démocratique du Congo et au Mozambique

Photo : Des soldats congolais dans l’est de la RDC. L’armée a du mal à faire face aux attaques de l’ISCAP qui s’ajoutent à celles des bandes criminelles locales. AFP / ALEXIS HUGUET | AFP

Ouest-France
Eva MASSY.

Modifié le 30/07/2021 à 07h19 Publié le 29/07/2021 à 15h05

Même s’il a perdu du terrain en Irak et en Syrie, l’État Islamique (EI) a réussi à s’implanter au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Il continue d’avancer ses pions sur le continent africain, notamment en République Démocratique du Congo et au Mozambique. Sa stratégie ? Se greffer sur des insurrections locales dont des acteurs prêtent allégeance à l’EI qui en profite alors pour mieux s’y déployer.

Comment s’organise le déploiement de l’EI ?

Selon le rapport du Conseil de sécurité de l’Onu publié le 21 juillet, les têtes pensantes de l’expansion de l’EI en RDC et au Mozambique se trouvent au Puntland. C’est dans cette région autonome du nord-est de la Somalie que sont prises les décisions. Le bureau Al Karrar y élabore les stratégies de recrutement et planifie des attaques. Puis les consignes sont appliquées par les branches locales.

Ainsi Musa Baluku, l’homme fort du groupe congolais, reçoit les consignes directement depuis le bureau Al Karrar. Avant d’endosser ce rôle, Baluki dirigeait l’insurrection congolaise des Allied Democratic Forces (ADF), née en 1994, bien avant l’arrivée de l’EI. Ce n’est qu’en 2017 que l’EI et les ADF auraient noué des liens, selon une étude de l’Université George Washington en mars.

Et ça marche. En début d’année, la branche de l’EI en Afrique Centrale (l’ISCAP, crée en avril 2019), a frappé militaires et civils dans les provinces congolaises du Sud-Kivu et du Tanganyika, à la frontière avec la Tanzanie, et elle s’est déployée en Ituri, le long de la frontière congolaise avec l’Ouganda.

Au Mozambique, l’ISCAP tient tête aux forces gouvernementales soutenues par des sociétés militaires privées. Et rien ne dit que l’actuel déploiement de troupes du Rwanda, d’Afrique du sud, du Botswana et d’Angola ne permettra de venir à bout de cette insurrection qui a poussé Total à cesser ses activités dans le nord mozambicain.

Pourquoi la RDC et le Mozambique ?

Le califat djihadiste a fait le pari de s’implanter dans ces pays puisqu’y sévissent des groupes armés issus de minorités musulmanes. C’est le cas dans l’est de la RDC et dans le nord du Mozambique. L’absence de l’État et la vulnérabilité des populations locales constituent un terreau idéal. De là, l’ISCAP « pourrait se développer davantage »​, selon le rapport de l’ONU, vers l’ouest ou le nord, comme en Tanzanie.

Depuis 2017, l’EI a tué plus de 2 300 personnes au Mozambique, et en a déplacé quelque 670 000 autres, principalement dans la région de Cabo Delgado. En RDC, plus d’un millier de civils sont morts depuis 2019, quand l’EI s’est greffé aux rebelles de l’ADF.

Quelles sont les ressources de l’EI ?

La province gazière de Cabo Delgado au Mozambique est devenue, en mars, « le symbole de l’influence de l’EI en Afrique »​, rapporte l’Onu. Le choix est purement stratégique. Le pays côtier est une « destination phare de l’immigration économique »​, par où transitent de nombreux trafics informels et illégaux, comme le commerce de drogue en provenance d’Asie. L’EI n’a aucune difficulté à y attirer de nouvelles recrues, originaires du Burundi, de la Tanzanie ou du Kenya, en leur promettant des emplois, et l’appartenance à une communauté. Pour ne pas se mettre la population à dos, les enlèvements de masse ne sont pas la tactique privilégiée. Mais les branches mozambicaines et congolaises de l’EI extorquent les populations locales et ont pillé des banques à hauteur de 1 à 2 millions de dollars, toujours selon le rapport de l’Onu.