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L’Afghane aux yeux verts du National Geographic a trouvé refuge en Italie

dimanche 28 novembre 2021, par siawi3

Source : https://www.leparisien.fr/international/lafghane-aux-yeux-verts-du-national-geographic-a-trouve-refuge-en-italie-26-11-2021-BYSHOT3D7FFVZNBPEFGIRZ6KBY.php

L’Afghane aux yeux verts du National Geographic a trouvé refuge en Italie

Symbole de toutes les guerres qui ont abîmé l’Afghanistan et surtout les femmes, Sharbat Gula a demandé à quitter Kaboul après la prise de pouvoir des talibans mi-août.

ìmage : Sharbat Gula à son retour en Afghanistan le 9 novembre 2016, après trente ans d’exil au Pakistan. REUTERS/Stringer

Par J.Cl.

Le 26 novembre 2021 à 12h08

Si vos pas vous mènent au musée Maillol (*) ce week-end, vous croiserez sûrement son regard. Et peut-être vous demanderez-vous ce qu’est devenue la jeune Afghane aux yeux verts, dont l’intensité lui avait valu une connaissance planétaire. Sharbat Gula avait été photographiée à 12 ans par Steve McGurry, en 1984, dans un camp de réfugiés au Pakistan à la frontière afghane.

La jeune pachtoune venait de fuir l’invasion soviétique avec ses frères et sœurs et leur grand-mère. Parue en Une du National Geographic l’année suivante, elle semblait illustrer toutes les guerres qui avaient abîmé son pays, et démontrer d’une certaine résilience, quand le mot n’était pas encore à la mode. Face au retour en force des talibans, Sharbat Gula a, depuis, trouvé asile en Italie.
Le magazine avait fait sa Une en juin 1985 avec la jeune fille, dont l’identité n’était pas encore connue. Steve McCurry l’avait retrouvée en 2002.

Image : Le magazine avait fait sa Une en juin 1985 avec la jeune fille, dont l’identité n’était pas encore connue. Steve McCurry l’avait retrouvée en 2002.

Les services du Premier ministre Mario Draghi ont affirmé jeudi dans un communiqué que Sharbat Gula avait demandé de l’aide après la prise du pouvoir par les talibans mi-août, et que son arrivée s’inscrivait dans le cadre d’un programme plus large d’évacuation et d’intégration des citoyens afghans. La mère de quatre enfants est arrivée à Rome, mais l’entourage de Draghi n’a pas répondu à la question de savoir s’ils étaient avec elle.

« L’Afghanistan n’est que mon lieu de naissance »

En 2016, le Pakistan avait arrêté Sharbat Gula pour avoir falsifié sa carte d’identité, comme un million de réfugiés vivant à la frontière, puis elle avait été expulsée. Comme pour montrer la capacité de l’Afghanistan à accueillir dans de bonnes conditions ses habitants, après trente ans d’exil, le président afghan de l’époque, Ashraf Ghani, lui avait déroulé le tapis rouge.

Le National Geographic avait raconté que la mère de famille, âgée de 45 ans alors, avait obtenu une résidence de 280 m² dans sa ville natale et qu’elle touchait une forte rente mensuelle pour payer des frais médicaux consécutifs à une hépatite. Mais à l’AFP, avant de quitter Peshawar, Sharbat Gula avait confié « avoir le cœur brisé de devoir retourner dans (son) pays d’origine », où les talibans étaient déjà à l’offensive. « L’Afghanistan n’est que mon lieu de naissance, mais le Pakistan était ma patrie et je l’ai toujours considéré comme mon propre pays », avait-elle dit.

La veuve était alors l’une des rares femmes du pays propriétaire de son logement. Elle était sous une relative protection, les milieux conservateurs appréciant peu l’image que sa vie renvoyait du pays. Sans doute a-t-elle craint encore plus de rester dans ce pays où elle avait très peu vécu, après la prise de pouvoir des talibans en août dernier.

(*) Le Monde de Steve Mc Curry, au musée Maillol (Paris VIIe) jusqu’au 29 mai 2022, sur réservation via le site Internet.

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Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/25/sharbat-gula-la-celebre-afghane-aux-yeux-verts-de-national-geographic-refugiee-en-italie_6103618_3210.html

Sharbat Gula, la célèbre « Afghane aux yeux verts » de « National Geographic » réfugiée en Italie

Sharbat Gula est devenue célèbre après la publication d’une photo prise dans un camp de réfugiés afghans au Pakistan par le photographe Steve McCurry.

Le Monde avec AP, AFP et Reuters

Publié le 25 novembre 2021 à 18h58, mis à jour hier à 10h45

Image : Un exemplaire de « National Geographic » avec le portrait de Sharbat Gula par Steve McCurry à Islamabad, au Pakistan, en 2016. B.K. BANGASH / AP

Qu’importe si le cliché a été retouché : c’est l’un des regards les plus célèbres de l’histoire de la photographie. L’expression de Sharbat Gula et ses yeux émeraude, en couverture de National Geographic, en juin 1985, ont symbolisé pour l’Occident les conséquences de la guerre menée à partir de 1979 par l’URSS en Afghanistan.

Son errance a pris fin, jeudi 25 novembre : dans un communiqué, Rome annonce que « La ressortissante afghane Sharbat Gula est arrivée à Rome ». Le gouvernement italien eut « facilité et organisé son transfert. (…) En réponse aux demandes de la société civile et, en particulier, des ONG présentes en Afghanistan. »

Sharbat Gula est devenue célèbre après la publication en 1985 d’une photo prise l’année précédente dans un camp de réfugiés afghans au Pakistan par le photographe Steve McCurry. « L’espace de quelques secondes, tout était parfait, la lumière, l’arrière-plan et l’expression de ses yeux », a raconté McCurry dans son livre Inédit, sorti en France en 2013. En 2002, Steve McCurry avait retrouvé sa trace et l’avait immortalisée à nouveau, tenant la photo qui avait fait d’elle une icône.

Lire aussi : « A quoi ça sert d’aller à l’école si tu ne peux pas travailler ? » : confidences de femmes afghanes dans un salon de beauté, à Kandahar

Arrêtée et expulsée du Pakistan

Cette mère de quatre enfants, analphabète, affirme être arrivée au Pakistan orpheline, quatre ou cinq ans après l’invasion soviétique de 1979, comme des millions d’Afghans qui avaient fui les combats de l’autre côté de la frontière.

En 2016, elle avait été arrêtée près de Peshawar avec des faux papiers, incarcérée avant d’être renvoyée dans son pays, le Pakistan accentuant, à l’époque, la pression sur les réfugiés afghans pour qu’ils quittent son territoire.

Photo : Sharbat Gula, avant une rencontre avec le président afghan Ashraf Ghani, à Kaboul, le 9 novembre 2016. STRINGER / REUTERS

A son retour en Afghanistan, elle avait été reçue par le président Ashraf Ghani au palais présidentiel, puis par l’ancien président Hamid Karzai. « Je veux créer une association caritative ou un hôpital pour soigner tous les pauvres, les orphelins et les veuves », expliquait-elle à la BBC en 2017. « J’aimerais que la paix vienne dans ce pays, afin que les gens ne deviennent pas des sans-abri. Que Dieu répare ce pays. »

Depuis leur retour au pouvoir à la mi-août, les talibans ont mis en place un gouvernement exclusivement masculin et restreint le droit des femmes à travailler et à étudier, s’attirant nombre de condamnations à l’étranger. L’Italie, qui était avec les Etats-Unis, la Turquie, le Royaume-Uni et l’Allemagne, l’un des cinq pays les plus engagés au sein de la mission « Resolute Support » de l’OTAN en Afghanistan, a évacué des milliers d’Afghans du pays après le retrait américain en août.

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Le Monde avec AP, AFP et Reuters