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USA : IVG aux Etats-Unis : une enfant de 10 ans contrainte de changer d’État pour avorter

samedi 2 juillet 2022, par siawi3

Source : https://www.leparisien.fr/societe/ivg-aux-etats-unis-une-enfant-de-10-ans-contrainte-de-changer-detat-pour-avorter-02-07-2022-FSZXM7YKO5BDJM5K45XKE5WKRA.php

IVG aux Etats-Unis : une enfant de 10 ans contrainte de changer d’État pour avorter

Les cliniques du pays où l’avortement est encore légal enregistrent une augmentation de la demande, avec parfois des profils particuliers, comme cette enfant de 10 ans contrainte d’aller en Indiana pour avorter.

Photo : La Cour suprême a enterré un arrêt qui, depuis près d’un demi-siècle, garantissait le droit des Américaines à avorter. Ici, une manifestation à Washington le 30 juin. REUTERS/Evelyn Hockstein

Par Le Parisien

Le 2 juillet 2022 à 15h53

Il n’a suffi que de quelques jours pour voir les conséquences concrètes de la décision de la Cour suprême d’autoriser les États américains à interdire les interruptions volontaires de grossesse (IVG). Une patiente de dix ans, enceinte de six semaines et trois jours, habitant en Ohio, est contrainte de se rendre en Indiana pour pratiquer une IVG, rapporte l’Indianapolis Star, sans donner davantage d’informations sur l’enfant.

L’Ohio, comme d’autres États américains, a limité la pratique de l’IVG, l’interdisant après six semaines de grossesse, comme c’est le cas au Texas ou au Tennessee. Dans d’autres états, l’avortement est tout simplement interdit ou en passe de l’être, sans aucune exception, poussant les femmes à devoir se rendre là où il est encore autorisé.

Des déplacements contraints pour avorter

En Indiana, la loi n’a pas encore changé – mais elle pourrait bientôt. Ce qui pousse certaines personnes à s’y rendre pour avorter, comme cette enfant de 10 ans. Une des cliniques citées par l’Indianapolis Star dit avoir « une quantité folle de demandes » de femmes venant d’États voisins, où l’IVG a été interdit ou durement limité. De cinq à huit patients par jour, le nombre de personnes provenant d’autres États dans les cliniques est passé à environ 20, précise le journal.

À lire aussi : Bataille judiciaire, pilule, aide à la frontière... aux Etats-Unis, la riposte s’organise

Si la situation de cette enfant de 10 ans fait débat, la question s’était déjà posée. Fin avril, alors que l’Ohio discutait d’une interdiction de l’avortement, une représentante de l’État avait été interrogée sur le sujet : si une enfant de 13 ans est violée et tombe enceinte, le projet de loi l’obligerait-elle à avoir un bébé de son violeur ? Oui, avait estimé Jean Schmidt, comme le rapportait le Washington Post. « C’est dommage que cela se produise, mais il y a une opportunité pour cette femme, peu importe qu’elle soit jeune ou âgée, de décider de ce qu’elle va faire pour aider cette vie à être un être humain productif », avait-elle précisé.

Fin juin, la Cour suprême américaine a décidé de révoquer le droit à l’avortement, rendant les États libres de l’interdire s’ils le souhaitent. « La Constitution n’interdit pas aux citoyens de chaque État de réglementer ou d’interdire l’avortement », précisait la Cour suprême, mais rend « ce pouvoir au peuple et à ses représentants élus ». Dans une volte-face historique, la très conservatrice Cour suprême des États-Unis avait ainsi enterré un arrêt qui, depuis près d’un demi-siècle, garantissait le droit des Américaines à avorter mais n’avait jamais été accepté par la droite religieuse.