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Israël: Trop de religion tue-t-elle la religion ?

Tuesday 28 February 2012, by siawi3

- Source: Centre communautaire juif laïc de Belgique.
- http://www.cclj.be/article/2/2839

Il semble qu’à force d’intolérance et de violence, les ultra-orthodoxes ont écœuré tant la population que la classe politique. Et le gouvernement, qu’en pense-t-il ? Chut, ne le dérangez pas, il colonise.

Coup sur coup, la société israélienne remet en question deux bastions des « haredi» (ultra-orthodoxes) israéliens. D’une part, après dix ans de (mauvais) fonctionnement, la loi Tal * a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême.
Cette loi avait été conçue pour encourager les « hommes en noir » à effectuer un service militaire ou civil. Elle a si bien été détournée que l’an passé, un millier d’ultra-orthodoxes à peine ont empli leurs obligations militaires alors que 60.000 se faisaient exempter.
Difficile à comprendre pour les jeunes Israéliens qui font sans rechigner leurs trois années dans Tsahal (deux pour les filles). D’autant que les ultra-orthodoxes ne s’en tiennent pas là. Entendant consacrer leur temps à l’étude, ils se refusent en plus à toute espèce de travail. Ils vivent donc aux crochets de leur épouse et de la charité, publique ou privée. C’est ce qu’a résumé le très populaire candidat aux prochaines élections, Yaïr Lapid : «Cette année, la moitié des élèves du primaire seront soit des Haredi soit des Arabes. Si nous ne faisons rien, dans douze ans, aucun d’entre eux n’entrera ni dans l’armée ni sur le marché du travail, et l’État s’effondrera tout seul ». S’il est élu, Lapid entend d’ailleurs revoir la loi Nahari qui oblige les municipalités à financer les écoles ultra-orthodoxes.

Autre remise en question majeure : la décision de la mairie de Tel-Aviv de faire circuler les transports publics le shabbat. Ou, plus exactement de demander au ministère des Transports la permission de le faire.
Les ultra-orthodoxes (et les religieux en général) considèrent qu’aucune circulation, en dehors de la marche à pied, n’est autorisée ce jour-là. Ils estiment que la « sanctification du shabbat » est un élément essentiel de leur foi. Ce qui est absolument leur droit.
Le souci, comme toujours avec les intégristes, c’est qu’ils entendent imposer leurs règles aux autres. Et, en dehors de celle qu’ils réclament à grands cris pour eux-mêmes, la tolérance n’est pas vraiment leur tasse de thé.
Mais le maire de Tel-Aviv, Ron Huldaï, qui pratique la démocratie, lui, a rappelé que ceux qui ne voulaient pas prendre de bus n’y étaient pas obligés. Et que le système actuel favorisait surtout les riches :
« Comment doit faire quelqu’un qui n’a pas les moyens de s’acheter une voiture et qui, malgré cela veut rendre visite à sa famille le shabbat, ou passer du temps à la plage ? ». Il a aussi annoncé qu’il ne renoncerait pas si le ministre des Transports refusait son autorisation.

Des colonies légalisées pour « raisons humanitaires »

La mairie pourrait alors faire appel à des compagnies de bus privées ou augmenter le nombre de minibus qui circulent déjà le samedi. Tout cela soucie assez peu le gouvernement actuel, bien davantage préoccupé par ce qui constitue l’alpha et l’oméga de sa politique.

On parle bien sûr de la poursuite de la colonisation en Cisjordanie. Certes, voici quelques jours, l’armée a fait savoir qu’elle avait rasé trois maisons d’une « implantation sauvage » située près de Ramallah.
Mais elle les avait déjà détruites, il y a trois semaines. Pour les voir aussitôt rebâties. Comme c’est sans doute à nouveau le cas à présent. Autre colonie illégale : Migron dont la Cour suprême a ordonné la destruction immédiate… voici dix ans.
Pour ne pas trop chagriner les colons, le gouvernement leur a proposé un compromis : ils resteront sur place jusqu’à ce qu’ils déménagent dans d’autres maisons construites pour eux. Toujours en Cisjordanie, cela va de soi.

Le gouvernement entend aussi légaliser 200 habitations d’une autre colonie « sauvage » Shvout Rahel, « raisons humanitaires », parait-il. Pour l’anecdote, c’est là qu’habitait Jack Teitel, un Israélien d’origine américaine que la police a arrêté en 2009. Il avait commis une série d’attentats : contre les villages voisins, tuant deux Palestiniens, contre des homosexuels, et contre l’historien Zeev Sternhell. Mais tout ceci n’a, bien sûr, aucun rapport avec le sujet.

Revenons-en au gouvernement qui a encore autorisé la construction de 500 nouveaux logements dans la colonie de Shilo. Pour cause d’« expansion naturelle », cette fois. Ainsi que l’expliquait un colon, « vous n’allez pas obliger les filles d’Israël à avorter faute de logement, n’est-ce pas ? »
Comme disait l’homme politique français Edgar Faure (1908-1988) :« L’immobilisme est en marche. On ne saurait l’arrêter»…

*Du nom du juge Tzvi Tal. Celui-ci présida en 1999 la commission à l’origine de cette loi votée en 2002.

Vendredi 24 février 2012

O.W