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Tunisie : OULED LENINE Histoire d’un engagement

film documentaire

jeudi 14 mars 2013, par siawi3

OULED LENINE
Histoire d’un engagement

Documentaire de 81’
Réalisé par Nadia EL FANI
(Disponible également en version 54’)

« J’avais dix ans et je peux dire que c’était le plus bel âge de ma vie… Dans la Tunisie indépendante de Bourguiba qui entrait pourtant déjà dans l’ère des désillusions, nous étions quelques-uns à partager le secret d’une appartenance : fils et filles de communistes…Chuuuuut !… »

À 20 ans, ils luttaient pour l’Indépendance de la Tunisie et tous les espoirs étaient permis. Ont-ils trop prudemment attendu que le pays soit mûr, ou bien le temps a-t-il été trop vite pour leurs rêves ? Un film qui trace un portrait particulier de militants progressistes dans la Tunisie de l’après indépendance, et qui pose la question de leur héritage…

Nadia El Fani sonde les arcanes de la modernité telle qu’elle s’est épanouie, un temps, dans la Tunisie des années 50 à 80. Le film est centré sur son père, qui fut l’un des membres dirigeants du Parti Communiste Tunisien.

L’émotion puissante de ce tête-à-tête père - fille dans les rues de Sousse ou dans la maison de Sidi Bou Said, le questionnement qui tisse les discussions nous amène à cette interrogation : « Que s’est-il passé ? Qu’avez-vous fait de vos 20 ans ? »

Tout avait pourtant si bien commencé : l’Indépendance, l‘émancipation des femmes, le développement,…
« C’était au temps où musulmans, juifs, chrétiens, athées, hommes et femmes, indifféremment, vivaient ensemble, luttaient ensemble pour un monde meilleur fait de tolérance, d’égalité et de passion… »

Film personnel, saga familiale, OULED LENINE est un documentaire dramatique, drôle aussi, qui pose un regard différent sur nos voisins du Maghreb, nos « voisins de palier » avec qui nous vivons depuis des décennies sans vraiment les connaître…

Une production Z’YEUX NOIRS MOVIES. © 2008.


4 déc. 2008
Article de Guy Sitbon. Journaliste à MARIANNE
On les appelle à Tunis « Les Enfants de Lénine », en arabe « Ouled Lénine » et Nadia el Fani en a fait le titre de son film qu’on peut voir, si le convoi passe par votre village, dans la Caravane euro-arabe du Documentaire projetée à l’Institut du Monde Arabe. A travers un portrait de son père Béchir, historien et figure immuable du révolutionnaire maghrébin, El Fani a redonné vie à un continent englouti : l’ex-communisme dans l’ex-Tunisie de l’ex-amitié des peuples et des ex-lendemains qui chantent où on ne s’intéressait qu’à la couleur de vos idées jamais à la couleur de votre peau, au nom de vos auteurs préférés jamais aux noms de vos parents nourriciers. Dans un sourire illuminé, le film pleure le temps où gens du sud et gens du nord s’aimeront, où la seule dictature sera celle de la liberté, où dans un mariage de tous avec tous, Arabes, Juifs, Européens se fondront en une seule famille des allumés de la justice.
Les survivants de ces jours bénis, Nadia el Fani est allée les pêcher sur les pentes lapis-lazuli de Sidi bou Saïd, dans les ruelles de la kasbah de Sousse, entre djellabas opalescentes et terrasses ensoleillées. Ils racontent l’épopée de leur guerre contre les dieux et les démons du mal, combien ils ont cru et comment ils ont perdu. En ce temps là, l’islam était absent de l’horizon du monde arabe, socialisme et abolition des nations allaient mêler orient et occident en une seule modernité sous la bannière de Marx et Lénine. Loin du choc des civilisations et des guerres de religions, une lutte des classes acharnée jusqu’au triomphe de la fraternité. Il n’était pas beau ce rêve ? Nadia el Fani lui a construit un lieu de mémoire.

Guy SITBON
(Journaliste-Marianne)
Publié par Nadia El Fani à jeudi, décembre 04, 2008


Clap Noir. Deux documentaires sur les pères : OULED LENINE et NOS LIEUX INTERDITS
Deux documentaires sur les pères :
Ouled Lénine et Nos lieux interdits

Cette génération écartelée et malmenée par des destins douloureux, une génération pour qui la politique l’a emporté et qui l’a parfois payé de sa vie, en tout cas, de sa vie privée, certainement, est décrite également par deux documentaristes venues du Maghreb. Dans les deux cas, ce sont des femmes jeunes qui prennent la caméra pour interroger la génération de leurs pères.

Nadia El Fani, dans Ouled Lénine, fait une merveilleuse déclaration d’amour à son père, militant communiste en Tunisie pendant la période des années 60-70. Elle trouve une très juste, très honnête place pour dresser une analyse de la vie politique tunisienne. Son regard balaie depuis les années trente (36, dit l’une des personnes témoins), avec la montée de la vague communiste, pour décrypter les relations en Tunisie, notamment dans le milieu étudiant, entre les idées communistes et le mouvement indépendantiste, vainqueur en 1956, jusqu’à une réflexion sur l’islamisme en politique, favorisé par le pouvoir dans le cadre de la lutte anti-communiste depuis le milieu des années soixante dix et aujourd’hui phénomène incontrôlable. Un film brillant, d’une intelligence humaine chaleureuse. Militants et militantes, très bien choisis, passionnants à écouter, sont filmés avec une empathie dépourvue de naïveté. Ils brossent par petites touches, une histoire lumineuse de la Tunisie des années d’indépendance. C’est un film où la première personne n’amène ni narcissisme, ni nombrilisme, mais au contraire impose le regard porté sur l’autre comme une évidence.

Publié par Nadia El Fani à jeudi, décembre 04, 2008


16 nov. 2008
Texte de Jean-Pierre Garcia
OULED LENINE

France/Tunisie – 2008

Ouled Lenine est un film essentiel. Pour un pays et son histoire, pour des générations de parents et d’enfants qui se touchent et se croisent. Ouled Lenine témoigne et restera dans les mémoires. Non pas à la manière d’un document brut qui arrache l’attention par la cruauté terrible des images, mais plutôt parce qu’il reconstitue, paroles après paroles, par l’attente et les silences aussi, la mémoire fondamentale d’un pays, celle qui échappe aux discours ou proclamations officielles.
Ce pays, c’est la Tunisie : de l’indépendance et des espoirs insensés, celle des rapides désillusions.
Qu’est alors le film de Nadia El Fani ? Un documentaire politique ? Oui mais... Un cri d’amour d’une fille (la réalisatrice) pour son père, militant de l’indépendance et du communisme ? Oui, mais encore... Un voyage dans la mémoire, un retour à une époque où juifs, musulmans et chrétiens cohabitaient harmonieusement en Tunisie ? Le rêve enfin possible d’une véritable émancipation de la femme ? Ouled Lenine c’est tout cela et l’odeur du jasmin, le silence ombragé des ruelles, le grain du papier jauni d’un livre de poèmes ; le geste esquissé vers le père. C’est tout cela et la caresse de la caméra sur des visages à l’épreuve des ans mais qui portent si beau la dignité de leurs vingt ans et de leurs rêves.

J.-P.G.
Publié par Nadia El Fani à dimanche, novembre 16, 2008 1


29 avr. 2008
Article paru dans le Quotidien. Avril 2008. Tunisie

Le regard attentif, Nadia El Feni sait faire des détails et des histoires du quotidien de beaux films. « Ouled Lénine » est un documentaire de long-métrage qui s’ajoute à une série de projets menés par cette réalisatrice sous le ciel parisien.

Persévérante, Nadia El Feni ne s’est pas contentée des grands succès de son premier long-métrage de fiction « Bedwin hacker ». Présenté ici et là dans les grands festivals de cinéma, le film a raflé plusieurs consécrations internationales dont le prix du Meilleur film Maghrébin au festival de Mons en Belgique, une mention spéciale au Grand Prix du festival de films Vues d’Afrique à Montréal, et élu “Best of the Festival” à Sarasota Films Festival aux USA en Février 2004. Tous ces succès ont donné des ailes à cette artiste tunisienne qui s’est penchée parallèlement à ses tournées internationales sur d’autres projets artistiques.

Cinq ans déjà depuis la sortie de « Bedwin hacker », « Ouled Lénine » a vu le jour racontant une histoire très personnelle, mais qui peut être l’histoire de toute une génération des enfants de communistes. Et c’est à l’invitation de l’équipe de « Doc à Tunis » que Nadia El Feni a présenté en avant-première cette nouvelle production cinématographique dont le héros n’est que son père. « J’ai choisi ce sujet car, comme je le dis au début du film, j’ai passé mon enfance, ainsi que ma sœur et les autres enfants de communistes, au sein d’hommes et de femmes militants. A l’époque, c’était dans la clandestinité parce que le parti était interdit, et cela a forgé chez moi un esprit de résistance et une recherche de cohérence par rapport à cet état d’esprit… En voyant grandir ma fille et mes neveux, je me suis aperçue que leur génération ignorait tout de ce passé dans notre pays et il me semble très important que la jeunesse tunisienne ait accès à cette histoire politique de la Tunisie, car il faut savoir d’où on vient pour imaginer où on va… J’entends par là, ne pas se réfugier dans l’obscurantisme religieux en pensant qu’il est la seule alternative ! Je suis très heureuse que ce film ait pu être projeté à « Doc à Tunis » et cela grâce à Syhem Belkhodja ; en plus c’était une première mondiale et qu’elle ait eu lieu en Tunisie est pour moi un grand bonheur ! » a souligné la réalisatrice lors de son passage éclair pour présenter son film. Mais ce rendez-vous tunisien n’était que le début de toute une série de rencontres autour de « Ouled Lénine » qui a été sélectionné en compétition officielle du Festival du film africain, asiatique et latino américain de Milan, Festival « Vues d’Afrique » à Montréal au Canada… D’ailleurs, lors de ce rendez-vous canadien, Nadia El Feni sera invitée à donner une conférence à l’Université de Montréal. En plein chantier artistique et avec un agenda assez chargé, elle nous annonce une autre bonne nouvelle : la naissance de « V.O. », film qui raconte l’histoire d’une comédienne qui présente un spectacle de ventriloque et qu’un jour sa deuxième voix échappe à son contrôle pour prendre la parole malgré elle. Une situation difficile pour cette comédienne qui se retrouve face à des problèmes très compliqués. « V.O. » qui veut dire « Voice over » en anglais et voix off en français est actuellement en développement. A la croisée des chemins entre les projections internationales de « Ouled Lénine » et l’élaboration de « V.O. », Nadia El Feni s’est penchée sur l’écriture d’un troisième long-métrage intitulé « Nous sommes tous des étrangers… »

Imen ABDERRAHMANI
Publié par Nadia El Fani à mardi, avril 29, 2008