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Tunisie : Insultes, humiliations : les Femen libérées à Tunis racontent leur détention

mardi 30 juillet 2013, par siawi3

Source : http://news.tunistribune.com/?q=node/2463

27 juin 2013

Paris - Les trois militantes ont obtenu leur libération en exprimant des regrets pour leur soutien à Amina Sbouï. Elles décrivent leurs conditions d’emprisonnement. Les trois militantes du groupe féministe Femen, libérées dans la nuit à Tunis après presque un mois de détention pour s’être exhibées seins nus au cours d’une manifestation de soutien à leur camarade tunisienne, ont déclaré jeudi n’avoir exprimé des regrets que pour sortir de prison, car leurs conditions « allaient de mal en pis ».

« On ne regrette rien, si c’était à refaire, on le referait », ont expliqué les deux Françaises Pauline Hillier et Marguerite Stern et l’Allemande Josephine Markmann, coiffées d’une couronne de fleurs, lors d’une conférence de presse, en présence de la journaliste Caroline Fourest et Nadia el Fani. Les trois militantes ont été libérées quelques heures après leur condamnation en appel en Tunisie à une peine de quatre mois et un jour avec sursis.

Lors de l’audience d’appel mercredi, elles avaient pour la première fois exprimé des regrets pour leur action du 29 mai à Tunis en soutien à leur camarade Amina Sbouï. « On a exprimé des regrets uniquement sur les conseils de l’ambassade qui nous a dit que c’était notre seule chance de ne pas passer quatre mois en prison », a déclaré Josephine Markmann, tout juste 20 ans. « Nous avions peur que passé un tel délai, nous ne puissions plus jamais être des Femen », a-t-elle ajouté.
Être une prisonnière en Tunisie

Les trois jeunes femmes ont en effet décrit des conditions de détention difficiles. « Nous avons d’abord été enfermées dans une pièce sombre et insultées par les services de police », a raconté Pauline Hillier, 26 ans. « On nous a traînées dans le palais de justice puis menottées dans des camions », a-t-elle poursuivi. « Nous avons ensuite connu deux prisons. Dans la première, où nous n’avons heureusement passé qu’un jour, vous dormez dans des couvertures pleines d’urine et tachées de sang », a-t-elle décrit.

« La deuxième prison était aussi bien loin de respecter les droits de l’homme », a continué la jeune femme, décrivant des « humiliations physiques, comme les fouilles au corps, où il faut se déshabiller entièrement et se mettre accroupi ». Visiblement émues, elles ont aussi raconté l’absence de draps, de vêtements, de douches, la cellule de 50 m2 partagée avec 25 personnes, les cafards et « la tyrannie religieuse, partout ». « Voilà ce que c’est d’être une prisonnière en Tunisie », a-t-elle conclu, parlant d’un « État liberticide ». Elles ont promis que tant qu’Amina Sbouï, leur camarade tunisienne emprisonnée depuis la mi-mai, ne serait pas sortie de prison, elles continueraient ce qu’elles appellent « le combat ».