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Veto de la Pologne contre la declaration de l’ONU sur la sante reproductive

lundi 20 juillet 2009, par siawi

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De la part de : Nina Sankari Europejska Feministyczna Inicjatywa w Polsce [Initiative Féministe Européenne pour une autre Europe - Pologne] (20 juillet)

La Pologne a opposé son veto à la Déclaration des Nations unies sur l’accès à la « santé reproductive, y compris l’accès aux méthodes de planification familiale", qui signifie, entre autre, le droit et l’accès à l’avortement.
La dernière session du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC), la plus importante sur la santé publique en 2009, a eu lieu il y a une semaine à Genève ; sa tâche principale concernait l’évaluation de la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. L’un d’eux est de limiter la forte mortalité périnatale des femmes dans le monde, souvent associée aux dangers des avortements illégaux. Cela concerne, en particulier, les femmes en Afrique et dans certains pays d’Asie et d’Amérique du Sud.
Le projet de déclaration sur « la santé de la reproduction ainsi que l’accès aux méthodes de planification familiale" n’a pas de force juridique dans les Etats membres, en tracant uniquement les grandes lignes d’action.
Tous les pays membres ont opté pour la déclaration, seule la Pologne, soutenue par l’Irlande et de Malte( qui ne sont pas membres a plein titre de l’ECOSOC). C’est donc grâce au vote polonais que la déclaration a été rejetée.

Ministère Polonais de la Santé explique l’attitude de la délégation polonaise par l’application de la loi anti-avortement en Pologne, contre laquelle la délégation n’a pas été en mesure d’agir.

Médias catholiques en Pologne et à l’étranger (USA, par exemple) se felicitent du triomphe de la morale catholique :

« L’offensive pro-avortement réfutée grace à la Pologne. Il s’agit d’une réponse à la grande offensive pro-avortement qui visee a définir le meurtre des enfants à naître en tant que droit de l’homme et part des services médicaux » (journaliste catholique Thomas Terlikowski, Fronda.pl.)

De cette façon, la Pologne a une nouvelle fois confirmé sa politique officielle contre les droits des femmes, la politique qui reste en contradiction avec la position de l’UE. Porte-parole du gouvernement polonais a déclaré que la Pologne pourrait accepter la position commune de l’UE dans le domaine de la santé reproductive, à condition que les questions de l’avortement dans d’autres conditions que celles autorisées par la loi polonaise (ménace pour la vie ou la santé de la mère, des malformations graves du fœtus, la grossesse à la suite d’un acte criminel) soient exclues.

Le fondamentalisme catholique polonais vise à imposer sa politique anti-avortement hors de la Pologne, y compris dans des pays où les normes internationales en matière de la santé reproductive seraient susceptibles de sauver la vie des millions de femmes.

Sa mission de faire respecter ce que l’on appelle les valeurs chrétiennes est opposé aux valeurs fondamentales de la démocratie, aux droits des femmes, y compris le droit des femmes à disposer de leur corps et d’avoir accès à la santé reprodictive.

Dans le cas de l’Union Européenne, cela signifie un consentement à ce que les femmes européennes perdent leurs droits acquis de haute et longue lutte. Sans ces droits, la démocratie en Union Européenne est un slogan depourvu de sens.